« Les Chinois copient nos savoir-faire, mais ne s’encombrent pas de détails »

Par Ana Lutzky, LE 1 décembre 2010, 18:23

Au salon professionnel de l’environnement Pollutec, les petits manufacturiers partagent leurs inquiétudes sur l'invasion des produits chinois. Particulièrement concernés, les industriels de la robinetterie et du sanitaire défendent une fabrication hexagonale.

Ce matin, les discussions de couloir du salon Pollutec démarrent… en extérieur. Pour cause de chutes de neige intempestives, les exposants mettent deux heures à rallier leur stand depuis leur hôtel.  Un petit groupe de professionnels de l’eau se forme, dans la file d’attente pour attraper une navette les emmenant jusqu’à Eurexpo.

« J’en ai visité des fonderies en Chine. Mieux vaut ne pas demander l’âge des travailleurs là-dedans, c’est de 8 ans à 70 ans ! ».Ce professionnel est dépité. Il connaît bien ses produits : il a été lui-même fondeur avant de revendre son affaire. Il est aujourd’hui représentant pour des fabricants de branchements de robinetterie, depuis l’arrivée d’eau jusqu’au compteur d’eau. « Je défends la fabrication française, tout simplement pour des raisons de qualité. Une conduite d’eau, quand on la pose, elle dure 50 ans. Dans certains endroits, on va devoir rouvrir les tuyaux dans 8-10 ans, parce qu’il y aura des fuites… c’est très dommage. C’est le prix d’acheter chinois », explique-t-il.

« Suez commence à mal tourner, à se fournir en Chine »,commente un autre professionnel de l’assainissement. « Tôt ou tard, les prix chinois vont augmenter. Quand on voit que chez Renault, les salaires sont passés de 200 euros à 270 euros par mois, cela semble peu, mais en pourcentage c’est énorme ! », ajoute un troisième. « Les consommateurs chinois vont s’équiper en voitures, en électroménager, le niveau de vie va forcément augmenter. Les prix des pièces qu’ils nous vendent aussi. Si on leur a trop donné notre industrie, ce sera le déclin pour nous en France », déplore-t-il. « Ils copient nos savoir-faire, mais ne s’encombrent pas de détail. S’ils peuvent remplacer une peinture peu toxique par une peinture au plomb, ils le font ».

La solution pour protéger la qualité française plébiscitée par ces professionnels: les normes de sécurité et d’exigence sanitaire. « On pousse auprès des clients pour appliquer les normes ISO14001 et tout le bazar, même si des fois, on sait qu’ils ferment les yeux. Il faut être présent au moment de la définition du cahier des charges, c’est un travail de longue haleine ».

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Par Ana Lutzky, LE 1 décembre 2010, 18:12

2 commentaires

  1. CB | 2 décembre 2010 à 16:09

    Malheureusement, j’ai déja eu des échos du même type (produits finis différents du cahier des charges; problèmes de qualité, reproduction et habitude du travail bien fait, …)
    espérons que la notion de qualité finisse par faire son chemin !

    Mais pensons aussi à ne pas généraliser… Ce n’est pas parce qu’un comportement est fréquent que tous le suivent !

  2. mb | 2 décembre 2010 à 16:18

    Bonjour,
    et que dire des raccords dont les filetages ne s’accordent pas ou créent des fuites… Nous avons dû en mettre à la poubelle et pourtant, bien achetés à des distributeurs français (je ne parle pas de grandes surfaces). Oui mis à la poubelle car le magasin, s’il les reprend, les remets en rayon….
    Alors, on avance car on ne peut pas discuter 1/4 d’heure sur les importations chinoises au comptoir et on on en rachète. Combien sommes nous dans ce cas ?
    Arrivés en fin de parcours professionnel, nous crions depuis 10 ans que la France se désindustrialise. Un bon dépot de bilan vaut mieux qu’une fermeture en bonne et dûe forme, ça mutualise les indemnités alors que nos patrons avaient tout prévu pour eux avant. Nous sommes nombreux les anciens cadres techniques qu’on disait « supérieurs » à avoir été dépossédés de nos entreprises par des tribunaux de commerce aveuglés ou complices. Le savoir faire passe à la trappe à chaque fermeture d’entreprise et le rang des chômeurs s’allonge. Ceux qui travaillent vont devoir payer pour eux. Qui aura le courage de dire STOP et lancera la « renaissance » du savoir produire et consommer au juste prix. Bon courage à nos jeunes