Convertir en diesel des plastiques en fin de vie

Par le Journal de l'Environnement, LE 22 novembre 2010, 17:00

Verra-t-on bientôt au Royaume-Uni des véhicules roulant au diesel dérivé du plastique ? Oui, si l’on en croit le communiqué du 8 novembre du groupe Suez Environnement.

Un million et demi de tonnes environ de résidus plastique mixtes échappent encore chaque année au recyclage, Outre-manche. Pour apporter une solution commerciale au défi environnemental du traitement des déchets plastique qui ne peuvent être recyclés, un « accord historique » vient d’être conclu entre Sita UK, filiale de Suez et l’entreprise irlandaise Cynar, spécialisée dans les nouvelles technologies de conversion de déchets.

« L’objectif visé porte sur la construction de 10 usines (…) afin de traiter 60.000 tonnes de déchets plastique mixtes par an et sur la mise en service de la première usine à Londres d’ici fin 2011 », peut-on lire dans le communiqué.

Chaque usine devra cibler les déchets plastique mixtes normalement destinés à la décharge pour produire plus de 4 millions de litres de combustible diesel.

L’idée n’est pas nouvelle. En 2006, le groupe australien Ozmotech, et en 2007 la société allemande Clyvia Technology, se sont essayés à la transformation de plastique en diesel. « Mais ces initiatives étaient embryonnaires, elles ne permettaient pas d’utiliser le diesel obtenu directement dans les véhicules, sans transformation », précise-t-on chez Suez. En revanche, les qualités du combustible obtenu par Cynar sont « parfaitement comparables » à celles du diesel conventionnel, sans imposer un raffinage supplémentaire, « ce qui garantit son adéquation à un usage commercial ».

« Le système que nous utilisons peut traiter quasiment tous les plastiques que l’on retrouve en décharge », explique Cynar Technology, qui a décroché le contrat.

La société utilise la pyrolyse, un processus de dégradation thermique en l’absence d’oxygène. Les déchets plastique sont traités dans une chambre cylindrique à 370-420°C. Les gaz pyrolysés sont ensuite condensés, puis fractionnés pour produire une distillation.

« Le diesel synthétique produit à partir de plastique est faible en soufre et riche en cétane. Cela signifie que l’on peut l’utiliser dans un grande gamme de véhicules, comme les camions, bus, trains, bateaux, équipements lourds et générateurs. »
Une tonne de plastique permet de produire 750 litres de diesel, mais aussi des petites quantités de kérosène et de gaz.

En ce qui concerne les financements, Suez Environnement indique seulement que « le fonds de capital-risque Blue Orange du groupe contribuera au dispositif de financement, aux côtés de Sita UK », sans préciser de montants.

« Ce processus de valorisation des déchets plastique devrait conduire à une production à un coût inférieur à celui du diesel normal, sans compter que le combustible lui-même ainsi obtenu devrait avoir une emprunte carbone moins élevée que le diesel classique », selon le communiqué.

Article écrit le 08 novembre 2010 par Célia Fontaine, pour le Journal de l’Environnement

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Par le Journal de l'Environnement, LE 22 novembre 2010, 17:11

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