Mossad : l’histoire secrète : Du storytelling à la recherche d’informations, l’industrie utilise l’IE, ou pas, mais le devrait. Ce blog entend humblement contribuer à l’évangélisation de cette discipline in fine peu connue du plus grand nombre

Mossad : l’histoire secrète

Le 23/02/2010 | Espionnage | Mots clés:

mossadCe vendredi de septembre, les fidèles affluent devant le mur des lamentations, invités par les rabbins à montrer leur volonté de défendre leur droit à l’existence, et la vigueur du sionisme. A midi, un millier d’entre eux lisent les écritures devant la haute muraille de pierres.

Soudain, une pluie de projectiles s’abat sur eux : pierres, boîtes de conserves remplies de gravats…une première salve  de coups de feu crépite, vomie par les tireurs d’élite musulmans. Aucun tué ne fût à déplorer. Le soir, les chefs de la communauté juive de Palestine se réunissent. Autour d’un thé, ils reconnurent qu’un élément vital avait fait défaut à leur manifestation : la connaissance préalable de l’attaque Arabe. Et de citer les écritures : « Depuis le Roi David, la survie de notre peuple s’est toujours fondé sur la qualité de ses renseignements. » Nous sommes en 1929. Un quart de siècle plus tard, le Mossad est créé.

Dans son histoire secrète du Mossad de 1951 à nos jours, récemment réédité, Gordon Thomas nous emmène dans les arcanes du service de l’avenue du roi Saül et nous promène dans plus d’un demi-siècle d’histoire avec les agents du Mossad et leurs sayanim. Tout y passe, les luttes internes, les personnages haut en couleur, les grands de ce monde et les relations du Mossad avec les autres agences. L’Irangate et l’implication du magnat de la presse Robert Maxwell, Ben-laden, l’étrange meurtre de Yitzhak Rabin, l’Iran instigateur de l’attentat contre Jean-Paul II, la traque et élimination des terroristes de Munich  et autres coups tordus…

Autant d’éléments qui apportent un éclairage sur les récents évènement de Dubaï et l’élimination du palestinien Mahmoud Abou al-Mabhouh, censément pourvoyeur d’armes pour le Hamas. A la lecture de cette saga, l’actualité est limpide, à une exception : l’amateurisme.  Bavures oui, mais les échecs de cette ampleur du Mossad se comptent sur les doigts d’une main. Sans doute racontée dans la prochaine édition si la chose est avérée ?

Histoires secrètes du Mossad : De 1951 à nos jours de Gordon Thomas

fé 22

Quelle formation pour l’Intelligence économique

Intelligence Economique | Mots clés:

EGEDepuis quelques années, les formations en intelligence économique se multiplient. Chaque année  le cabinet SMBG réalise le classement des meilleurs masters, MBA et enseignement spécialisés. Ce classement, validé par un comité scientifique, repose sur trois critères principaux : la notoriété de la formation, le salaire de sorties des jeunes diplômés et le retour de satisfaction des étudiants.
Pour la filière IE,   c’est l’école de guerre économique (EGE) qui remporte la palme de la meilleure formation en France
, et ce pour la huitième année consécutive.
Une récompense justifiée aussi au vu de l’énorme travail d’évangélisation mené par , Christian Harbulot (chroniqueur pour usinenouvelle.com), un
des fondateurs de l’école, auprès des diverses institutions et entreprises sur la nécessité de développer une politique d’intelligence économique. Justifiée auss par la qualité de l’enseignement dispensé, au plus près des besoins des entreprises, et en prise avec la réalité de la guerre économique plus que jamais d’actualité.

(Disclaimer :  sans parti-pris d’ancien…)

Le site du SMBG

1.1 ESLSCA – EGE
3ème cycle Stratégie d’Intelligence Economique

2. SKEMA Business School
MS Intelligence Economique et Management des Connaissances

3. EISTI
Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Stratégique

4. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Master 2 Professionnel Techniques d’Information et de Décision dans…

5. ICOMTEC – Université de Poitiers
Master Intelligence Economique & Communication Stratégique

6. Ecole Européenne d’Intelligence Economique
Diplôme d’Intelligence Economique Appliquée DIEA

7. Université d’Angers
Master Intelligence Economique et Stratégies Compétitives

8. ESIEE Paris
MS Intelligence Scientifique, Technique et Economique

9. ISEAM
Master Intelligence économique et compétitivité

10. ISEAG – Université Jean Monnet – Saint-Etienne
Master Intelligence Economique et Gestion de l’Innovation



fé 19

MADIE : le discours de la méthode en IE

Intelligence Economique Veille et outils | Mots clés:

Coutenceau

Le « guide pratique de l’Intelligence Economique » ambitionne de réconcilier les dirigeants avec l’intelligence économique. Pour ce faire, Christian Coutenceau, aidé de sept co-auteurs, a élaboré une méthode simple pour aborder cette matière et la coupler au pilotage opérationnel de l’entreprise : MADIE.

L’intelligence économique reste le plus souvent à la porte du comité de direction et cantonnée à la protection des informations ou à un simple travail de veille. “Une erreur”, selon Christian Coutenceau, Président du groupe des technologies avancées de HEC et directeur du consulting de Ricoh, qui pousuit, “le dirigeant a besoin d’informations opérationnelles pour piloter sa stratégie et est le plus à même de le faire en ayant une vision transversale. »  Pour collecter et traiter  ces informations, le dirigeant à de multiples options, assez connues et documentées. Plus que la collecte et la protection, l’objectif du livre est de convaincre les dirigeants d’utiliser l’information pour réaliser un objectif stratégique. Ce qui est rare en PME. Pour pallier ce manque, Christian Coutenceau, aidé de dirigeants d’entreprises, a élaboré une méthode simple et abordable pour intégrer l’intelligence économique dans les choix stratégiques de l’entreprise. « Pour sa mise au point, nous avons rencontré 400 personnes afin de nous forger une opinion », relate Christian Coutenceau. Un panel nécessaire pour valider la pertinence de la démarche. Laquelle repose sur cinq concepts clairs et simples :

“Tout d’abord il faut  connaître le centre de gravité de l’entreprise, savoir d’où vient sa force. Ensuite, il faut identifier les vulnérabilités critiques : autrement dit, qu’est ce qui peut  attaquer le centre de gravité. On peut par exemple citer la société IMS. Cette entreprise réalise 1 Md/€ de chiffre d’affaires. IMS est rachetée par Jacquet Metal, une entreprise beaucoup plus petite qu’elle, mais qui a su voir sa vulnérabilité : son manque de liquidité. Jacquet Metal, a ensuite identifié les parties prenantes, les actionnaires flottants afin de leur racheter des actions. Après avoir capté 30% du capital, Jacquet a pu entamer une OPA hostile. Jacquet Metal a su s’appuyer sur ses forces.  Pour analyser son environnement et repérer des parties prenantes, Jacquet  est passé par les réseaux sociaux pour convaincre les actionnaires flottants. Une fois cette étape réalisée, il est devenu ensuite plus facile de convaincre les banquiers. Dans notre livre, les matrices utilisées s’appuient sur une reconstitution des étapes de cette opération.

Ensuite il faut utiliser l’information décisive issue de la veille et la mettre en relation avec ma stratégie. En substance, il faut regarder où c’est intéressant et ce qui peut attaquer mon centre gravité. Quand une information décisive arrive, je déclenche une directive du dirigeant, qui doit se demander où il souhaite être et pour quel résultat. Pour réaliser cette mission, il confie ses directives  à un « espace cryptique ».

Cet espace cryptique est constitué de 4/5 personnes, qui  détiennent et échangent des informations confidentielles. Leur objectif est de fournir des préconisations  pour aboutir aux effets finals recherchés (EFR). Ces objectifs reposent sur trois points : ils sont opérationnels quantifiables et planifiables et ils doivent permetttre une reversibilité de l’action. “Dans le cas de Jacquet Metal par exemple, explique Christian Coutenceau l’action est bien jouée dans la mesure où il a emprunté 42 millions d’euros pour acheter des actions et entrer au capital. Cet achat a été réalisé alors que le cours était au plus bas et ne pouvait que remonter. S’il n’obtenait pas la minorité de blocage, il gagnait quoiqu’il arrive une forte plus-value. Ce que l’on peut résumer par pile je gagne, face tu perds.” Autrement dit les deux dernières étapes, le choix de la tactique et sa mise en oeuvre.

Selon Christian Coutenceau, entre l’acquisition de l’information décisive et son application, deux ou trois mois sont nécessaires.

Pour illustrer cette méthode et l’avantage concurrentiel qu’elle procure, Christian Coutenceau raconte une mission dans un cabinet d’outplacement, ” Juste avant les élections présidentielles, nous avons travaillé pour un cabinet d’ouplacement et d’outsourcing. Selon le gagnant, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, les implications économiques sont diffèrentes. Nous avons donc élaboré des hypothèses de travail et grâce à ces résultats, la société a un an d’avance sur la concurrence.” En l’occurence la société est assez importante financièrement, mais cette méthode s’applique aussi à des moyennes entreprises qui peuvent profiter des méthodes simples proposées. “Notre démarche est de mettre les entreprises en posture de guet afin qu’elle puisse avoir un avantage concurrentiel et ainsi créer des emplois qualifiés. Nous sommes dans une démarche patriotique et tout notre travail de formation s’effectue de manière bénévole. Notre livre est d’ailleurs disponible gratuitement en téléchargement.”

Fabrice Frossard

Guide Pratique de l’Intelligence Economique” publié aux Editions Eyrolles.



fé 03

Espionnage Industriel : la Chine encore

| Mots clés:
(A. Agathe Fliker)

(A. Agathe Fliker)

Après Google, les services secrets Britanniques dénoncent la Chine comme « la menace d’espionnage la plus importante à l’encontre du Royaume-Unis. ». Dans un récent rapport, le MI5 met en lumière les pratiques du renseignement chinois auprès des cadres anglais.

Accepter une clé USB ou une caméra  peut être un cadeau empoisonné pour l’entreprise. Un récent document du MI5 cité par The Sunday Times révèle les pratiques d’approches par le renseignement chinois des cadres occidentaux. Outre les très classique visites de chambres d’hôtels, une pratique courante dans tous les services de renseignement du monde, le MI5 évoque la remise à des visiteurs de salons commerciaux de « goodies » piégés, en particulier des clés USB pourvue d’un cheval de Troie. Une fois connecté à l’ordinateur de la cible, une « backdoor », un petit programme informatique, ouvre ainsi la porte à une prise de contrôle à distance du PC du cadre piégé.

Féru de sophistication technologique, les services de renseignement chinois n’en oublient pas pour autant les techniques anciennes et classiques de manipulation : « Les services secrets chinois sont aussi connus pour faire preuve d’une hospitalité considérable, pour flatter, mais aussi pour fournir des prestations sexuelles et autres activités aux hommes d’affaires qui permettent, ensuite, de faire pression sur eux. » Plus la mise sur écoute des chambres d’hôtels dans les grandes villes comme Pékin ou Shanghai, fouille en règle etc.Devant ces pratiques, démenties par la Chine, le MI5 érige désormais le gouvernement chinois comme « l’une des menaces d’espionnage les plus importantes à l’encontre du Royaume-Uni. »

Cette constante menace touche aussi bien sûr les cadres et les entreprises françaises. Une entreprise sur quatre aurait déjà été la cible d’espionnage industriel selon les renseignements généraux. Pour s’en prémunir, on ne peut que conseiller la lecture du « Petit traité d’attaques subversives contre les entreprises – Théorie et pratique de la contre ingérence économique », écrit par Franck Decloquement et Emmanuel Lehmann ou du guide de bonnes pratiques en matière de sécurité lors de déplacements à l’étranger réalisé par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et le Club des directeurs de sécurité des entreprises(CDSE). A noter un séminaire sur le sujet le 18 février prochain (18H-20H) au Musée des arts et métiers intitulé : “Espionnage industriel : comment s’en protéger ?“, avec entre autres la participation de Christian Harbulot, chroniqueur dans nos colonnes.



jan 25

Qui veut la peau de Laurence Parisot ?

Gestion de Crise | Mots clés:

300 000 Euros. Tels seraient les émoluments versés par le Medef à la coach/conseillère personnelle de Laurence Parisot, pour une activité à mi-temps révélait l’Express, il y a un an… Étonnamment, l’information est reprise cette semaine par le très orienté site Novopress qui le présente comme une exclusivité.

L’info en soi est connue, mais sa nouvelle parution ajoute une pierre dans le jardin de Laurence Parisot, la patronne du Medef, qui peut désormais construire un mur. Rarement en effet campagne de déstabilisation aura été aussi flagrante. A tel point que Anne Méaux,  déclarait la semaine dernière au magazine Challenges, « ça va mal, je vais essayer de l’aider. » La fondatrice d’image 7,  une agence spécialisée dans la communication des grands patrons, aurait fort à faire.

La vraie campagne commence avec la démission surprise de Jean-René Buisson, le président de l’Ania, la puissante fédération de l’agro-alimentaire – et avec ce départ la perte des 632 000 € de cotisations pour le Medef. Peu de temps après cet abandon, Raymond Soubie, conseiller sur les affaires sociales à l’Elysée taclait gentiment la politique du Medef et son invention de la délibération sociale, « une situation où on ne refuse pas la négociation sans l’ouvrir vraiment. » Autre proche de l’Elysée, quelques semaines plus tard, Alain Minc en rajoutait une couche, « S’il y avait un dixième du talent de l’Etat-major de la CGT au Medef, les choses iraient mieux… », et de déplorer le mutisme du syndicat patronal lors de la crise économique.

Si les fêtes du nouvel an n’ont pas été sereines pour la patronne du Medef, l’épiphanie non plus. Coup de théâtre le 5 janvier, Jean-Charles Simon le co-directeur général du Medef au côté d’Héléne Molinari, donne sa démission par email. Très vite arrive une nouvelle information est publiée selon laquelle les boîtes mails de diverses personnes du Medef auraient été fouillées pour vérifier les récipiendaires de l’email de Jean-Charles Simon.

Ce même jour de la démission de Jean-Charles Simon, Thibault Lanxade, membre de la commission jeunes générations du Medef prend tribune dans les Echos où il appelle à la tenue d’un débat ouvert sur les positions du Medef mené par une personnalité « à la stature reconnue et qui s’engagerait à ne pas avoir d’ambitions aux prochaines élections. »

Les grandes manÅ“uvres et coups bas ne sont sûrement pas finis, d’où qu’ils partent, et Laurence Parisot pour assurer sa réélection à la tête du syndicat patronal aura encore un vrai travail de déminage à réaliser d’ici à l’été.



jan 18

Google attaqué en Chine : a qui profite le crime ?

Espionnage | Mots clés:

googlechrome

Il y a comme toujours beaucoup de zones d’ombres dans l’attaque supposée par la Chine de Google. On le sait, la Chine déploie, comme toutes les grandes puissances, des moyens considérables dans la guerre électronique. Mais dans cette histoire, trois choses restent étonnantes :

  • la communication ouverte et la mise en cause de la Chine par Google via David Drummond, le vice-président chargé du développement et des affaires juridiques.
  • La discrétion sur les tentatives de piratage de ses « infrastructures ».
  • La mise en avant d’Internet Explorer

Sur le premier point.  L’intention de Google peut être interprétée de multiples manières. On s’en souvient,  le moteur de recherche avait cédé aux demandes de censure de certains sites émises par les autorités chinoises.  Depuis, Google tente de négocier avec le gouvernement pour mettre fin à cette censure, sans grand succès semble-t-il. Dénoncer un piratage gouvernemental est un bon moyen de mettre la pression sur ce dernier, tout en se refaisant une virginité auprès des utilisateurs.

Un moyen aussi pour Google d’impliquer le gouvernement américain, qui ne s’est pas gêné. Le secrétariat d’Etat a demandé à Pékin « des explications », tout en rappelant sa volonté de discuter avec le gouvernement chinois de la capacité de la Chine de continuer à respecter les standards internationaux” du monde économique. Un bon moyen de tâcler la Chine sur ses pratiques économiques.

Deuxième point, sur le piratage proprement dit. Une rumeur relayée par le webzine valleywag, insinue que outre l’accès à emails de dissidents dans la messagerie Gmail,  le service Saas de Google, les googleapps, auraient aussi été victime de cyber-attaques. Les entreprises utilisant ce service distant, dans les nuages, pourraient ainsi avoir eu leurs données pillées. Si cette rumeur est avérée, elle compromettrait aussi l’avenir immédiat du Saas,  - aussi baptisé Cloud Computing, les doutes sur la sécurité des données stockées dans ces applications distantes étant un des principaux freins à l’adoption de ce type de services. Un service sur lequel les géants du net, Google, Microsoft et d’autres, spéculent pour trouver un relais de croissance.

Le vol de la propriété intellectuelle évoqué par Drummond laisse libre cours à l’interprétation : l’algorithme de google ? les technologies des google labs ? Tout est possible.

Autre point, plus marginal, mais quand même.  Les mauvais esprits noteront la coïncidence entre le lancement du navigateur maison, Google Chrome à grand renfort de publicité et la mise en avant du navigateur concurrent, Internet Explorer comme vecteur de l’attaque. Que cette attaque ait eu lieu en « zero day », importe peu, la déstabilisation du concurrent est faite. Qu’une faille soit exploitée dans Adobe PDF aussi.  Le passif sécuritaire d’Internet Explorer est suffisamment lourd pour que toute évocation d’une faille dans le navigateur touche rapidement les esprits. Preuve en est, la France et l’Allemagne ont déjà mis le navigateur en quarantaine.

Enfin, la volonté affichée de se défausser de Chine peut aussi être un aveu de la difficulté du moteur à s’imposer. Pour l’instant, Google n’a « que 31% » de part de marché en Chine, loin derrière la star locale, soutenu il est vrai par le gouvernement chinois, le moteur Baidu (63,9%) – source cabinet Analysis International.

A lire aussi : l’article de valleyWag sur l’attaque du Cloud de Google.



nov 13

Séminaire Intelligence Economique le 18 et 19 novembre prochain

Intelligence Economique |

Dans le cadre du partenariat Entreprises-Défense, le Conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM) a mis en place, en collaboration avec le pôle réserve terre (délégué aux réserves de l’armée de terre et ESORSEM), l’Ecole de guerre économique (EGE) et la société ITB, un séminaire d’initiation à l’intelligence économique.

Ce stage s’adresse en priorité aux dirigeants des entreprises ayant conclu avec le ministère de la Défense une convention de soutien à la politique de la réserve militaire, les “Partenaires de la Défense “. Son objectif est de faciliter la mise en Å“uvre au sein des entreprises des techniques et process d’intelligence économique, par transposition de méthodes et de savoir-faire militaires.

La sixième édition de ce séminaire se déroule les 18 et 19 novembre 2009 à l’Hôtel national des Invalides. Elle est articulée autour de la maîtrise de l’information, de la méthode de décision opérationnelle et de la stratégie d’influence et réunit 25 auditeurs, autour d’intervenants de grande qualité

Il sera clôturé par Monsieur Olivier Buquen, Délégué interministériel à l’intelligence économique, et le secrétaire général du CSRM.



nov 09

Google verrouille-t-il les appels d’offres ?

| Mots clés:

google livreBeaucoup d’encre a été versée sur la “bibliothèque universelle” dont Google veut se faire le chantre. Pour constituer cette bibliothèque le géant doit d’une manière ou d’une autre capter la connaissance et la numériser. En France, une commission a été nommée par Frédéric Mitterrand pour évaluer l’opportunité ou non de laisser le géant du moteur de recherche préempter une partie des fonds des bibliothèques publiques. Avec en toile de fond la crainte que Google s’accapare un savoir et en dispose comme bon lui semblre.  Pour apporter une pierre au débat, le journaliste d’archimag, Patrick Brébion détaille la manÅ“uvre de Google lors de sa réponse à un appel d’offres émis par la ville de Lyon.

“La ville de Lyon a émis l’an dernier (2008) un appel d’offres original. Marché négocié, le cahier des charges portait sur la numérisation d’une partie des livres de la bibliothèque municipale, soit entre 450 000 et 500 000. Et le marché prévoyait que le prestataire retenu ne toucherait …rien. Sinon, « un double numérique des ouvrages numérisés »*, rappelait encore Patrick Bazin, responsable des bibliothèques municipales de Lyon. «52 dossiers d’appels d’offres retiré. Seul Google a répondu », s’étonnait Patrick Bazin. Un nombre de réponse qui ne devrait étonner que lui. Même si le montant de l’investissement avancé par Patrick Bazin demeure sujet à caution**, il est au minimum de 10 millions d’euros.

Même si ce n’est peut être pas le premier de ce type, cet appel d’offres soulève plusieurs questions économiques sensibles. D’abord sur le montant de l’investissement nécessaire pour l’entreprise qui répond. Un montant qui limite le nombre d’entreprises capable d’avancer une telle somme. Une pratique anticoncurrentielle ?  En tout cas, la question peut se poser ?

Deuxième point, la contrepartie accordée à l’entreprise retenue, une «pleine propriété sur les ouvrages numériques », impose à cette dernière de rentabiliser son investissement par la vente des livres numériques. C’est-à-dire de faire un autre métier que celui pour lequel l’entreprise a répondu. Si cette double compétence n’est pas un problème pour une entreprise de la taille de Google, nombre d’entreprise se trouve de fait une nouvelle fois exclue par cette contrainte.

Dernier point, ce marché négocié méritait un minimum de transparence. Spécialement parce qu’il n’est pas classique. Spécialement, pour  connaitre les contreparties accordées à l’entreprise. Et là encore, surprise, la mairie de Lyon a refusé de transmettre les documents pourtant communicables de ce marché. A savoir le cahier des clauses techniques particulières CCTP et le cahier des clauses administratives particulières CCAP. Si ce refus pose question, la raison invoqué par la mairie est encore plus surprenante : une clause signée avec Google l’empêcherait de transmettre toute information sur ce marché. Généralisons cette pratique : est ce que le détail d’un appel d’offre public peut rester  secret sans risquer « les appels d’offres sur mesure » ? Sur ce point particulier, la demande est lancée auprès de la commission d’accès aux documents administratifs. Réponse fin novembre.

Patrick Brebion

*dans l’émission de « Livre numérique » présentée par Jean-Pierre Elkabbach dans BIBLIOTHEQUE MEDICIS LE 30/10/2009 À 18H30 diffusée sur publicsenat.fr

**voir papier sur Archimag

http://archimag.com/fr/accueil-archimag/google-vers-une-exclusivite-commerciale-sur-les-livres.html



oct 27

Paris nid d’espions…sans Jean Dujardin

Espionnage | Mots clés:
édition Parigramme

édition Parigramme

Paris la ville lumière est forcément celle de la guerre de l’ombre. C’est cette guerre que raconte de manière érudite et documentée Roger Faligot, dans « Paris nid d’espions, les services de l’ombre dans la ville lumière ».

Au grès des arrondissements et des époques, Roger Faligot dresse un plan de Paris où se croisent le destin des agents de causes diverses. Depuis la rue Cambon, repaire de Mtre Grégoire, redoutable agent nazi jusqu’au Lilas, alias Boulevard Mortier, siège du SDECE qui deviendra  la DGSE, la déambulation parisienne guidera nos pas vers les bâtiments officiels, ambassades, Quai d’Orsay, Langues O, Unesco, repaires des forces de tous bords où tout le monde s’espionne mutuellement, se rend service, ou se tire dessus, selon les époques, les intérêts et les alliances.

Ballade inédite dans ce Paris de l’ombre qui voit se côtoyer des personnages qui feront la grande histoire dans l’ombre,  Madame Claude rue de Boulainvilliers ( emplacement stratégique !) dans le secteur de la Défense, l’Amiral Canaris, chef de l’Abwehr rue de la Santé, Fabienne Jamet, reine du One Two Two rue de Provence ; vous passerez par le passage à double entrée de la Rue du Havre via l’église Saint Louis D’Antin dans les pas des services secrets bulgare (le KDS) ; rirez rue des Saussaies où se trouve la sûreté dirigé par par Louis Ducloux, ce qui donnera ce mauvais jeu de mot digne de Frémion, « les chaussettes à clous » (les saussaies-t-a-cloux) pour désigner les agents de la surtanche, dont la bâtiment logera aussi la Gestapo. Non loin, la rue de Solferino logeait le fameux SAC (service d’action civique) fondé par Jacques Foccart, éminence grise de De Gaulle pour l’établissement de la françafrique..

Guerre d’Algérie, décolonisation, révolution Russe, Orchestre rouge, terrorismes de tous bords, résistances, boîte aux lettres au Père Lachaise et autre lieux improbables…Plus que toute autre capitale, Paris avec ces 20 000 agents de tous bords mérite le titre de ce livre.

Après, Métronome, le plan de métro de Loran Deutz, Paris nid d’espions dessine une nouvelle carte de la ville lumière, celle d’une histoire moins lumineuse, mais tout aussi haletante.

Bonne ballade.

Le site de l’auteur

Ecoutez « café crime » sur Europe 1 consacré au livre

Paris Nid d’espions; éditions parigramme



oct 22

Gestion de Crise à HEC : une pédagogie par la mise en situation

Gestion de Crise | Mots clés:

GDC« Toutes vos entités de production sont envahies par des groupuscules issues d’une ONG. Bien que pacifiques, ils bloquent la production. Que faites-vous ? » Toute entreprise d’ampleur est un jour ou l’autre confronté à ce type de crise. Petite, moyenne ou grande ; grave ou non. Pour sensibiliser les futurs managers, Ludovic François, professeur affilié à HEC et auteur, entre autres de Contre-pouvoirs (Ellipses, 2009, pour en savoir plus http://influencecontre-pouvoirs.jimdo.com/) et de business sous influence (Editions d’Organisation, 2004), organise dans le cadre de ses cours une simulation de gestion de crise. Pour ce faire, les étudiants auront chacun un rôle.

Ça commence paisiblement. Isolés dans une pièce, 12 étudiants simulent la tenue d’un comité de direction d’une entreprise fictive avec un ordre du jour donné par le prof. Chacun son rôle : PDG, DRH, responsable réseaux, secrétaire général, responsables marketing et de la sécurité etc.  Dans une autre pièce, quatre étudiants étudient le scénario et changeant au gré à gré de qualité (police, actionnaire, infirmier, syndicaliste etc.) seront amenés, soit à appeler, soit à recevoir des appels issus du comité de direction.

14H30 : Grande table ronde, téléphones disposés aux quatre coins de la pièce, grand écran sur lequel est projeté le site de la société fictive : dépêches, intranet, mail des responsables d’entité. Toute l’information de la société est accessible. Le comité de direction évalue l’opportunité ou non d’engager un responsable développement durable ou bien d’externaliser la tâche auprès d’un consultant. Arguments et contre-arguments. Chacun tient son rôle et défend ses positions.

15H : Premier coup de téléphone. Message un peu abscons. Une unité de la société est occupée par des manifestants déguisés. Rires et le comité de direction continue. Cinq minutes plus tard, autre coup de téléphone, même scénario sur une autre unité. Un autre téléphone sonne, même scénario…ça n’arrêtera plus. Panique à bord. Les informations ne sont pas très claires. Appel aux commissariats de quartiers concernés. Questions aux responsables d’unités «  Les manifestants sont-ils violents. Y-a-t-il des journalistes » Non et non. La décision est unanime : « on les fait sortir. Il faut protéger le personnel». Appel d’un responsable d’un magasin qui explique que l’un de ses employés n’est pas vraiment en règle avec l’inspection du travail. Flottement du DRH et interrogations sur l’opportunité d’appeler la police.

15H30 : l’hystérie gagne. Les téléphones sonnent sans discontinuer. Appels sortants pour tenter de glaner des informations, et entrants pour harceler les étudiants. Les rôles se mélangent. La tension monte. Les téléphones sont raccrochés violemment. On refuse de parler aux journalistes.

15H35 : un client est blessé par le chien d’un vigile. Les premières dépêches tombent. Les informations sur les motivations des manifestants sont dévoilées. Le site de l’association revendicative est pisté. Menace de grève générale par les employés. L’enfer sur terre pour le comité de direction qui ne sait plus où donner de la tête. Chacun donne son avis sur la stratégie à suivre avec l’obsession d’avoir une réponse cohérente face aux attaques. Devant l’insistance des journalistes, une conférence de presse est prévue pour 16H. Que va-t-on dire?

Brouhaha général.

15H40 : Où en est le blessé ?  Quels sont nos fournisseurs ? Utilise-t-on tel produit ? Comment négocier avec les syndicats ? Que dire aux journalistes ? Aux actionnaires ?  Difficile de se concentrer alors que de l’autre côté les étudiants acteurs s’ingénient à retenir les membres du codir au téléphone.

16H35 : conférence de presse. Choiswaroomi pour représenter la société devant les journalistes, la responsable RH, le directeur de la sécurité et la responsable des affaires publiques. Choix étonnant s’il en est. Lors de la conférence, chaque intervenant tentera de déminer le terrain face à des journalistes de tous bords. Difficile de gérer la contradiction et le résultat sera peu probant.

17H : Debrief. Alors ? « Nous avons eu du mal à nous organiser », constatent en cœur les étudiants. Du mal à s’organiser, gérer les priorités, bref à s’organiser. Très lucides sur leur prestation, chacun y va de son constat, voir de son méa culpa. L’étudiante qui jouait le rôle de PDG a passé les deux tiers de son temps isolée. C’est bien pour prendre des décisions, mais sans informations, c’est difficile. « On s’est un peu dispersé là quand même ». Au départ la situation a été difficile à gérer, à certains moments l’émotion à pris le pas le pas sur le rationnel. A froid, l’évènement qui a créé la crise n’était pas si grave. Qui plus est, il n’attaquait pas directement l’entreprise. « on a sur-réagit et sans arriver à se coordonner », constate un autre étudiant.

Ludovic François reprend la main et rappelle les fondamentaux des cours précédents. Calme, organisation, besoin d’un chef pour coordonner, répartir et prendre des décisions importantes, communiquer, hiérarchiser l’information, garder le contact. « Je savais qu’ils auraient du mal », commente-t-il. La pédagogie par la confrontation à difficultés est ici volontaire. Beaux joueurs, les étudiants reconnaissent les problèmes qu’ils ont eu à gérer la crise et arrivent à prendre un recul salutaire pour l’analyse. « Ce n’est pas toujours le cas, parfois certains se braquent et des conflits d’autorité naissent remettant en cause la légitimité, technique et formelle, des chefs. Il arrive même que le codir soit très mouvementé avec de sérieuses tensions», raconte Ludovic François.

Fondée sur des évènements réels, l’ambition est de faire prendre conscience aux étudiants que la crise fait désormais partie de l’univers de l’entreprise. La montée en puissance des ONG dans la sphère de l’information appelle des réponses adéquates. Que faire face à des actions de Greenpeace, Rainforest ou autre ? Comment communiquer sur des suicides d’employés, des dysfonctionnements d’usines ou de centrales ? L’information et son traitement sont au cœur de ces exercices. Mais le plus souvent, ce n’est pas un exercice et les entreprises ne s’en sortent pas mieux que les étudiants.

Fabrice Frossard

Pour plus d’information :

http://influencecontre-pouvoirs.jimdo.com/

http://www.ludovic-francois.fr/