Je n’ai rien con
tre Philippe Starck. Mais son talent et son hypermédiatisation continue de faire des ravages. Pour preuve. Lors du colloque Création/Design/marketing qui s’est tenu à au Ministère des Finances, à Bercy, Paris, le 9 novembre dernier, ne s’interrogeait-on pas encore sur l’ombre que les designers stars peuvent faire aux marques pour lesquelles ils seraient amenés à travailler ! Représentante des PME qui se passent très bien de designer, Madame Bernadette Dodane, co-PDG de Kristel (arts de la table et ustensiles de cuisine) ne confondait-elle pas encore le talent artistique de ses maris et fils, avec le design industriel !
Et que dire, du nouveau réseau R3ILab qui « marie de force » une PME de Cherbourg, spécialiste du parapluie (ce n’est pas une blague) avec un designer hyper médiatique, justement, Mathieu Lehanneur, qui va passer au moins 10 minutes à expliquer que justement, il n’est pas une star : « On n’est pas des créateurs de mode », finit-il par lancer.
Le design a donc encore beaucoup à faire pour changer son image. Et ce n’est pas l’exposition « le design annonce la couleur » (Cité des Sciences, Paris, jusqu’au 13 mars 2011), avec sa scénographie soignée (surtout les cartels) et ses « beaux » objets rangés… pas couleur, qui va faire bouger les lignes. Car si au centre de l’exposition, est bien présenté, par écrit, toute la variété des designs possibles…interactif, culinaire, d’espace, de service… Dans l’exposition, des sacs à dos à profusion, des vestes de sports à foison, des produits électroniques comme s’il en pleuvait, des arts de la table… Il faut bien chercher pour trouver, là un projet prospectif de recyclage d’huile pour les ports de plaisance, ici une réalisation de design d’espace incluant les usagers.
Pourtant, on en peut pas créditer l’APCI (Association pour la promotion de la création industrielle, financée pour partie par les pouvoirs publics), à l’origine de la sélection des projets, de dédain vis à vis des autres formes de design que celle lié au produit. Et Anne-Marie Boutin, sa présidente, ne ménage pas ses efforts pour pousser son jury de professionnels, qui décerne les étoiles de son « Observeur du design » aux meilleurs projets de l’exposition, à valoriser la démarche design plutôt que la forme. Le problème vient donc des projets présentés, sur proposition des entreprises… qui,elles, n’ont pas encore compris que le design n’était pas que du beau qui fait vendre. Ou du moins, n’ont pas encore assez de projets d’un autre ordre pour les présenter ici.
Peut-être la Biennale du design, qui se tient du 20 novembre au 5 décembre à la Cité du Design de Saint-Etienne, fera-t-elle mieux. On rira voir.
AB













Je ne pense qu’il soit de bon ton de critiquer nos designers « stars », reconnus dans le monde entier. Ils nous représentent à l’étranger. Que ce soit cosmétique ou non, on s’en fout. C’est une façon de motiver aussi le design plus « intégré ». Tout le monde en profite d’une façon ou d’une autre.
L’APCI n’a qu’à mettre en valeur également les écoles et formations françaises du design industriel et les jeunes qui en sortent pour que cette dimension soit davantage prise en compte. Nombreux sont les ex-étudiant de l’école du design industriel qui ont créé leur entreprise en intégrant le design dans la conception de produits, souvent liés à l’éco-conception (en plus)…. Suffit d’être perspicace sur la façon de présenter les choses.
Bien dit SERGE !