Où est la France dans l’indice mondial de l’innovation 2011 ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Où est la France dans l’indice mondial de l’innovation 2011 ?

Le 30/06/2011 | Non classé

En 2011, c’est la Suisse, qui est première paris 125 économies en matière d’innovation, selon l’indice mondial de l’innovation (GII) de l’école de management Insead, sponsorisé par Alcatel Lucent, Booz&Co, l’office mondial des brevets (Wipo) et la confédération indienne de l’industrie. Les Helvétiques ont même gagné trois places par rapport à 2010. Ils doublent la Suède (2e) et Singapour (3e).

Mais pas trace de la France parmi les 10 premiers. Ni derrière Honk-Kong (4e), La Finlande (5e), le Danemark (6e), les États-Unis (7e), le Canada (8e) les Pays-Bas (9e) et le Royaume-Uni (10e)… Tout le monde fait mieux que la France … Même l’Islande (11e) , l’Allemagne (12e), l’Irlande (13e), Israël (14e), Nouvelle-Zélande (15e), la République de Corée (16e), le Luxembourg (17e), la Norvège (18e), l’Autriche (19e), le Japon (20e), l’Australie (21e).

Il faut consulter le rapport intégral sur http://www.globalinnovationindex.org, pour découvrir que la France n’est que 22e (comme en 2010, 19e en 2009) ! Mais quand même devant l’Estonie (23e), la Belgique (24e), la Hongrie (25e), la Qatar (26e), la république Tchèque (27e), Chypre (28e) ou la Chine (29e).

Cet Indice mondial de l'innovation est calculé comme la moyenne des scores obtenus pour les principaux moyens mis en œuvre (qui décrivent l'environnement favorable à l'innovation) et les principaux résultats (qui mesurent les réalisations concrètes en termes d'innovation), explique le communiqué de l’Insead.
Cinq grands domaines constituent le sous-indice des moyens mis en œuvre en matière d'innovation : “institutions”, “capital humain et recherche”, “infrastructure”, “perfectionnement des marchés” et “perfectionnement des entreprises”.
 Le sous-indice des résultats en matière d'innovation se compose de deux domaines : “résultats scientifiques” et “résultats créatifs”. L'indice d'efficacité en matière d'innovation, calculé sur la base du rapport entre ces deux sous-indices, évalue comment les économies tirent parti de leurs environnements favorables pour produire des résultats dans le domaine de l'innovation.

Cet index atypique recèle des surprises. Par exemple, les 10 États les mieux classés selon l'indice d'efficacité en matière d'innovation sont la Côte d’Ivoire, le Nigéria, la Chine, le Pakistan, la République de Moldova, la Suède, le Brésil, l'Argentine, l'Inde et le Bangladesh.

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  1. TG DÉVELOPPEMENT | 30 juin 2011 à 14:18

    Comme tout indice, il convient sans doute de s’attacher plus à son évolution dans le temps, qu’à ses valeurs instantanées. Malheureusement cet indice est relativement jeune (3ème année d’existence seulement), mais nous pouvons toutefois remarquer que :

    - les Etats-Unis, classés premiers en 2009, ne sont donc que 7ème en 2011,

    - l’Allemagne était 2ème en 2009 et chute à la 12ème place en 2011,

    - la Suisse gagne 6 places (de la 7ème à la 1ère)

    - la France en perd 3 (de la 19ème à la 22ème)

    - la Chine grignote quelques places (de la 37ème à la 29ème)

  2. SF | 7 juillet 2011 à 21:28

    Un lien pour comprendre pourquoi cela marche si bien en Suisse :
    http://www.kti.admin.ch/index.html?lang=fr

    C’est parce qu’il y a une agence de l’innovation, comme l’Anvar chez nous autrefois, et aujourd’hui Oséo (en partie et pour plus trop longtemps…)….

    Faites passer le message.

  3. TG DÉVELOPPEMENT | 8 juillet 2011 à 8:17

    La CTI semble en effet proposer des outils performants.
    A vous lire, on comprend qu’Oséo n’a pas totalement remplacé l’ANVAR et que son futur n’est pas assuré. A ma connaissance Oséo correspond au rassemblement en 1 organisme unique de l’ex ANVAR et de la BDPME, et je n’ai pas d’information au sujet de sa non pérennité.
    Pouvez-vous préciser svp ?

  4. SF | 9 juillet 2011 à 20:01

    Les budgets de l’aide directe à l’innovation ne sont pas pérennisés. En raison de la montée incontrôlée des dépenses fiscales du CIR… qui est un mécanisme purement administratif sur lequel la visibilité est plus que compromise à très long terme… Des milliards qui s’envolent en fumée au profit forcément des plus gros, même si des aménagements en faveur des PME ont été mis en place.
    Pour remplacer l’aide directe au sein d’Oseo, des prêts sont proposés, mais avec du coup une analyse encore plus poussée des capacités de l’entreprise à rembourser. Ce qui met de côté bon nombre de postulants… D’ailleurs Oséo est devenue une banque depuis que les anciennes activités de garantie et de soutien à l’innovation ont été avalées par la branche bancaire de l’organisme… Les missions sur l’innovation demeurent quand même, mais les budgets correspondant se fragilisent.

  5. MD | 16 août 2011 à 17:19

    S’attaquer au CIR n’est certainement pas la bonne facon d’aborder ce classement. Pour une fois qu’il existe une pseudo mesure d’aide, il serait utile d’éviter de la critiquer à tout va. Pourquoi ce classement est il dérangeant ? Peut être qu’il reflète une réalité bien malheureuse mais réelle non ? Je travaille dans les TIC depuis 25 ans et force est de constater que nous déclinons, n’en déplaise à certains. Avons nous encore de grands acteurs industriels ? Avons nous une présence remarquable dans les nanotechnologies, les biotechnologies, l’environnement, la e.gouv ? Pourquoi ne pas admettre ce classement pour s’attaquer enfin à tout ce qui plombe notre innovation ?

  6. besira | 5 septembre 2011 à 8:36

    Les indices mondiaux de l’innovation n’ont pas grand sens dans la mesure où ils intègrent des données réductrices et parfois contradictoires.

    C’est la raison pour laquelle nous proposons de travailler sur une approche systémique reposant sur un nombre de piliers limités prenant en compte les interactions entre les territoires et les écosystèmes d’innovateurs qui peuvent s’y développer.

    Vous pourrez des éléments de notre réflexion sur une publication en deux parties. La deuxième partie est disponible sur le lien suivant: http://www.innovationmanagement.se/2011/04/08/recalibrating-the-innovation-metrics-system/#disqus_thread

  7. MD | 5 septembre 2011 à 12:51

    A l’attention de besira :
    Cet article, d’une qualité indéniable, ne change en rien le constat général sur le sujet. Belle démonstration de l’effort français visant à établir un réseau d’innovations. Il n’empêche que nous pouvons toujours nous regarder le nombril en estimant que notre innovation est à la hauteur il n’en demeure pas moins que nous refusons de concourir à l’échelle de référentiels mondiaux parce qu’ils nous désavantagent tous !
    Vous faite référence aux initiatives territoriales ainsi qu’au système éducatif français, dont acte. Force est de constater, là aussi, que nous sommes les champions du saupoudrage sur les financements et de l’inefficacité en matière d’enseignement. Combien avons nous de grandes écoles, de centre de recherches nationaux, de syndics/pôles/associations en tout genre estampillé recherche/innovation ? Quant la France comprendra t’elle que sans un tissus industriel capable de valoriser la recherche et l’innovation nous continuerons à sombrer ?
    Merci pour votre article (dont j’aimerais lire le début) mais ce n’est qu’un point de vue franco-français sur une problématique française.

  8. besira | 7 septembre 2011 à 19:07

    Je vous remercie de vos commentaires stimulants. L’objet de l’article est de mettre en garde contre tout référentiel réducteur et, quelque part normatif. Il s’agit de promouvoir une approche systémique de l’évaluation des performances des pays en matière d’innovation. La première partie dénonce les limites des différents systèmes actuels. Ils utilisent des tas d’indicateurs, mais c’est un peu comme ceux de la météo. Permettent-ils vraiment de prédire les tendances de fonds. D’un autre côté, ils sous entendent qu’il y aurait un prêt à porter de la capacité à innover répondant à des canons précis. Cela c’est faire fi des spécificités culturelles. Je pense que l’innovation est, par essence, un processus adaptatif profondément lié à l’essence de l’écosystème où elle se développe. Chaque culture, chaque pays, chaque entreprise, chaque individu répond d’une façon qui lui est propre à l’évolution de son environnement. Innover c’est avoir une capacité de s’adapter, en apportant la réponse appropriée au changement de l’environnement. On s’éloigne un peu du Manuel d’Oslo.

    La première partie de l’article ébauche une réflexion sur les piliers essentiels de l’innovation, dont le goût pour le risque, l’acceptation de l’échec….

    On n’en fait pas assez l’apprentissage en France à l’école. L’école et l’enseignement français sont organisés pour sélectionner des profils qui répondent à des schémas issus des besoins en compétences du IXXème siècle. Se sont créés des castes qui reproduisent ses schémas et organisent la société française autour.
    C’est vrai qu’il y a du saupoudrage en France concernant les dispositifs institutionnels mis en place. Cela crée des couches de structures quelquefois en concurrence entre elles sur un même territoire. Est ce que cela a du sens? Est ce lié à l’esprit « Gaulois »? On serait tenté parfois de se demander s’il y a vraiment besoin d’autant de personnes dans ces structures pour soutenir l’innovation, d’autant que certaines ont peu ou pas d’expérience du secteur dit concurrentiel.

    C’est vrai que certains dispositifs peuvent être en partie détournés de leur fin initiale. Il suffit de penser à toute l’économie qui a été créée par le CIR ou d’autres moyens de financement public de l’innovation. Elle a permis à certaines sociétés de développer une activité lucrative en prélevant une dîme sur la préparation de dossiers… administratifs…

    Mais, ils ont le mérite d’exister. Peut-être faudrait-il voir aussi les initiatives porteuses d’espoir. Les entreprises (plutôt TPE et PME) qui innovent avec succès mais qui ne sont pas forcément bien prises en compte dans les systèmes d’évaluation, parce que leurs activités ne sont pas dans le secteur des TIC, biotech et autres secteurs vedettes… parce qu’elles n’ont pas jugé utile de déposer des brevets, parce que ce sont des autodidactes qui les dirigent…

    La première partie est disponible sur: http://www.innovationmanagement.se/2011/03/30/what-can-we-learn-from-national-innovation-metrics-france-as-a-case-study-in-change/

  9. MD | 9 septembre 2011 à 7:55

    Merci pour ces complément. Un groupe de réflexion sur tous ces sujets existe t’ils ? Y a t’il un moyen de participer d’une manière ou d’une autre à « bouger » les lignes ? C’est un sujet de la plus haute importance pour l’avenir.

  10. Xavier | 29 septembre 2011 à 9:42

    Lorsqu’un mendiant vous demande une pièce pour manger, il vaut mieux lui donner du pain plutôt que des euros qui finiront plus vraisemblablement dans l’achat d’un litre de rouge. Pour le CIR c’est la même chose, il sert en grande partie à financer les coût de développement des grands groupes afin d’améliorer leur résultat, l’argent du CIR finissant dans les bonus de fin d’année du top management. La meilleure preuve est que les entreprises étrangères ( même les Chinoises ! ) implantent leurs centres R&D en France alors que les sites de production restent à l’étranger.
    Je suggère que les aides à l’innovation soit versées en prêt de ressources humaines ce qui permettrait de mieux contrôler leur usage et de recréer les emplois liés à l’innovation qui ont disparu dans les plan sociaux.
    Du coup on redonnerait à Oseo son rôle d’aide à l’innovation qu’il a perdu au profit d’un rôle de banquier des opérations ( c’est impressionnant, sur le site d’Oseo on ne parle que d’argent ).
    Cela permettrait aussi de mieux épauler les PME qui n’ont pas de ressources humaines disponibles pour faire de l’innovation, les phases préliminaires de réflexion sur la problématique et les réponses possibles conditionnant à 80% le succès d’une démarche d’innovation.
    Le retard de la France en innovation, comme dans d’autres domaines, n’est pas lié à un manque de moyens mais plutôt à une très mauvaise utilisation de ceux-ci.

  11. MD | 29 septembre 2011 à 13:19

    Vous deviez lire les conclusions de la cour des comptes sur le CIR vous éviteriez certaines confusions ! Ensuite prétendre que tous les mendiants iraient naturellement vers un litre de rouge c’est très mal connaitre ce monde là … aussi. Au cas ou vous ne connaîtriez pas les mécanismes du CIR ils sont majoritairement constitués de charges en personnel et proposent des aides très concrètes pour recruter des scientifiques justement pour essayer de booster l’innovation de nos entreprise. Donc qui dit CIR dit emploi et innovation.

  12. besira | 29 septembre 2011 à 14:08

    Sans doute y a t’il quelques propos excessifs. Le dispositif CIR est très positif en termes de stimulation des écosystèmes d’innovation. Au niveau européen il a valeur d’exemple. Toutefois ce système est perfectible, car il présente un certain nombre de limites que le législateur n’a pas encore levées, malgré les propositions concrètes faites par les acteurs de l’innovation. La première limite est qu’il doit porter, comme son nom l’indique exclusivement sur des activités R&D. Or tout le monde sait que bon nombre d’entreprises habillent dans certains secteurs bon nombre de leurs projets d’innovation de R&D pour en bénéficier, alors qu’ils relèvent plutôt de combinaisons innovantes de blocs standard, ne nécessitant pas de lever des verrous technologiques particuliers. La solution réclamée par certains, dont je fais partie, c’est la substitution au CIR du CII (Crédit Impôt Innovation) . Une autre limite relève de l’impact du mécanisme CIR en fonction du type d’entreprise, qu’il s’agisse d’une grande entreprise ou d’une start up. Dans le premier cas, il peut être tentant pour des grands groupes de profiter de l’effet de levier que représente le CIR pour rationaliser au plus juste leurs effectifs de recherche internes. Dans l’autre cas, les start up peuvent disposer de fonds pour financer de la R&D externe mais n’ont pas les moyens de salarier les personnes qui s’occupent en interne de piloter la R&D (notamment les créateurs). Ces start up ne peuvent alors prétendre à du CIR alors qu’elles en auraient bien besoin, car il est calculé à partir d’un montant de charges R&D internes.
    Enfin, dernière limite, c’est le montant du CIR qui sert à rémunérer des prestataires dont la fonction est de monter et faire approuver des dossiers CIR. Pas sûr que le législateur ait eu l’intention de concevoir le CIR pour créer le type d’emplois liées à ces d’activités qui ne relèvent ni de la R&D, ni de l’innovation (sauf en termes d’optimisation fiscale).
    Quant à Oséo, elle dispose d’un vivier de compétences technologiques qui semblent de plus en plus orientées vers le métier d’analyste « bancaire », ce qui est bien dommage. Qu’elle est loin l’époque de l’ANVAR et de ses conseillers technologiques hussards de l’innovation. Oséo est une banque dont une partie de l’activité sert à gérer l’utilisation de fonds publics pour le soutien à l’innovation technologique. Elle dispose de chargés d’affaires à qui on attribue bon nombre de projets, qui ne sont pas forcément rémunérés à la hauteur du travail qu’ils ont à fournir et qui n’ont pas tous la maturité professionnelle pour juger de la qualité des projets qui leur sont présentés ou qui ne voient du potentiel que dans les projets Hitec et non dans l’industrie. Ces propos sont bien sûr à nuancer en fonction des régions.

  13. MD | 30 septembre 2011 à 7:57

    Ce que vous écrivez est très pertinent et en même temps très perturbant ! Le mot innovation vient du latin « Innovare » qui signifie revenir à, renouveler. Innovare est composé du verbe « novare » racine « novus », qui veut dire changer, nouveau et du préfixe « in » qui indique un mouvement vers l’intérieur. L’étymologie du mot suggère donc un mouvement que l’on peut qualifier de processus, un changement qui doit être accepté par le système/les individus/les clients, une création de nouvelles richesses. Il existe plusieurs formes d’innovations dont l’innovation incrémentale. C’est à ce niveau que je ne vous rejoins pas. L’iPhone est il innovant ? Technologiquement certainement pas, il est constitué, dés 2007, de technologies connues et maitrisées. La grande capacité d’Apple a été de réaliser un agrégat cohérent et intégré de technologies hétérogènes en les adaptant à un concept : celle du smartphone. Le CIR ne couvrirait donc pas la création de l’iPhone français s’il existait ? C’est bien dommage car l’innovation incrémentale irrigue les autres formes d’innovations (de synthèse, architecturale, de rupture) qui elles mêmes alimentent les besoins en recherches amonts qui produisent des « inventions ». Ces inventions s’appuient elles mêmes sur d’autres inventions par synthèses/intégrations et évolutions. Construisez donc un barrage en amont d’une rivière et ce sont des pays entier qui n’auront plus d’eau ! Votre prise de position sur les « combinaisons innovantes de blocs standards » est risquée et pose tout le problème de l’innovation et de sa valorisation. Ou s’arrête l’innovation ? Pourquoi écarter certaines formes et pas d’autres ? Qui est capable d’estimer cela ? C’est à traiter au cas par cas avec de vrais spécialistes travaillant dans tous les domaines technologiques. Celui des TIC étant particulièrement ardu puisque pratiquement rien n’existe qui ne soit incrémental !
    A ce sujet le dernier projet de circulaire sur le CIR (soumis à consultation le 19 juillet 2011) reconnait bien plusieurs formes d’innovations.
    Vous posez malgré tout un problème de fond : le contrôle du CIR. Cela ne sera malheureusement réglé qu’en admettant enfin que les instances gouvernementales ne peuvent pas se passer de services de contrôles constitués d’experts ayant fait leurs preuves dans des univers aussi bien de recherches qu’industriels !

  14. TG DÉVELOPPEMENT | 30 septembre 2011 à 8:12

    @MD :
    A travers l’exemple de l’Iphone, vous attirez notre attention sur un point crucial : faut-il raisonner commercial lorsque l’on pense innovation ? … Il est à ce sujet intéressant de noter que la grande majorité des brevets déposés de part le monde ne donne pas lieu à un produit commercial. Et pourtant, comme vous le soulignez justement, il est sans doute plus facile d’inventer lorsque son invention est reliée à un succès commercial ne fut-il qu’entraperçu. Serions-nous face à un paradoxe de l’innovation : les innovations commerciales sont souhaitées et accompagnées, mais elles ont besoin d’innovations technologiques qui ne sont pourtant ni valorisées ni encouragées ? …

  15. MD | 30 septembre 2011 à 16:21

    Mon directeur de thèse (il y a 20 ans) avait pour habitude de répéter sans cesse que le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous. Est-ce à dire que la traduction d’une innovation est forcément commerciale ? Je ne sais pas répondre avec certitude ! L’exemple des génériques pour les pays émergents est parlant pour moi. Bien que les génériques ne soient pas une innovation aujourd’hui, il existe des mécanismes qui ont permis de « sortir » de la sphère de profit de nombreux médicaments pour aider ces pays. L’open source me parait (de moins en moins il faut bien l’admettre) également hors de la sphère commerciale et pourtant les innovations incrémentales (technologiques et produits) y sont légion. Maintenant je crois que raison il faut garder. Les entreprises françaises ne peuvent être performantes sans assurer un minimum de profit leur permettant de continuer à exister à minima sur le territoire. Par conséquent vous avez entièrement raison il y a paradoxe … multiple ! Celui que vous citez est flagrant mais que dire de son contraire ? Nous encourageons des innovations/inventions technologiques qui ne donnent pas ou peu de résultats valorisables donc ne créant pas de valeur hors de la connaissance et du savoir ?
    Enfin bref, je m’égare :-) ! Ce que j’espère c’est qu’il existera bientôt un espace institutionnel ou nous pourrons tous partager et contribuer à relancer cette dynamique qui, j’en reste convaincu est sur une mauvaise pente en France.

  16. besira | 5 octobre 2011 à 17:16

    La science, la technologie ont toujours eu pour but d’accroître la maîtrise de l’homme sur son environnement, environnement qui comprend d’ailleurs ses semblables. Elles ont toujours accompagné les puissants et Schumpeter a décrit l’adaptation que l’on devait en faire eu égard aux nouvelles données du monde contemporain, à savoir que le pouvoir s’est déplacé (en théorie) des individus vers les Etats. Cela s’est traduit par des applications plus ou moins partagées.
    Vous citez le cas des médicaments. Vous savez qu’il est de plus en plus coûteux de concevoir des traitements innovants. Il y a des domaines où la recherche semble être dans une spirale des rendements décroissants et a besoin d’un soutien financier plus soutenu. C’est là que la « sphère » commerciale peut avoir un intérêt, comme vous l’indiquez. Malheureusement, le risque n’est pas négligeable de la voir ne suivre que sa propre logique sans retombées pour de la véritable création de valeur. Mais on pourrait dire la même chose pour la sphère « militaire ».
    Enfin, pour les Think Tank sur l’innovation il en existe un certain nombre, mais ils me semblent plutôt fermés et contrôlés justement par des proches des institutionnels ou des réseaux où évoluent les représentants des « grandes écoles ». Comme dirait David Lodge, c’est « Un tout petit monde ».
    Quant à la problématique soulevée par TG Développement, je la vois de plus en plus soumise à la logique des patent trolls qui n’ont de souci que de faire du profit au détriment de la véritable création de valeur et qui bloquent l’apparition de brevets exploitables.

  17. MD | 5 octobre 2011 à 17:25

    Pourquoi ne tentez vous pas de créer votre propre Think Tank, à lire vos articles je pense que vous pourriez initier ce mouvement ?

  18. besira | 5 octobre 2011 à 17:34

    Merci de votre commentaire. Un Think Tank c’est d’abord une communauté riche de la diversité, de la créativité et du pouvoir d’influence de ses membres. En ce qui me concerne, je suis très pris par le développement de la structure que j’ai créée il y a bientôt deux ans.

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