L’innovation peut-elle aussi s’indigner ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

L’innovation peut-elle aussi s’indigner ?

Le 16/02/2012 | Culture, Non classé, Veille
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Eh oui. L’innovation indignée existe. Eh non, le concept n’est pas sorti de l’intense réflexion d’un consultant en mal d’idée neuve. Il a émergé des travaux prospectifs du think tank numérique Fing (Fondation internet nouvelle génération) à l’occasion d’un travail sur les ruptures, en 2011… qui est présenté sous forme de 19 scénarios open sources dans le recueil « Question numériques 2012-2013 » accessible en ligne, mais aussi débattus lors de manifestations (Lift Genève, la prochaine fois) avec d’autres acteurs de la vie numérique.

De ces travaux donc, a émergé une tendance : « On a repéré de plus de plus d’entrepreneurs qui créent des boîtes, pas uniquement pour faire de l’argent, mais aussi pour changer un modèle », explique Daniel Kaplan, délégué général de la Fing.Le texte d’introduction aux « Questions numériques » précise : La dureté et la durée de la crise, ainsi que notre incapacité collective à produire une croissance moins destructrice de l’environnement et des hommes, remettent en cause le cœur de notre modèle de développement fondé sur la consommation, la croissance, la vitesse.

Un peu partout dans le monde (sauf dans la patrie de Stéphane Hessel), les « indignés » s’imposent dans l’espace public. Mais il y a aussi des innovateurs indignés, qui expérimentent des nouveaux modèles parce qu’ils sont convaincus que les anciens sont néfastes. Pour réduire la « base matérielle » de la croissance, inventons des modèles économiques fondés sur l’usufruit plutôt que la propriété, sur le partage plutôt que la possession.

Imaginons une réindustrialisation de proximité, avec des produits plus durables, réparables, bricolables, recyclables. Appuyons-nous sur la capacité contributive des gens, mais à condition d’en partager avec eux le produit…

Cette innovation « indignée » souligne les limites des politiques en « e », e-éducation, e-santé, e-administration, ou encore des « smart » cities, grids, etc. Il ne suffit pas d’appliquer des technologies aux modèles existants pour les rendre vertueux, il faut changer de modèles. Saurait-on casser l’unité de temps, de lieu et d’action qui caractérise l’éducation, sans pour autant la rendre encore plus inégalitaire qu’aujourd’hui ? Saurions-nous prendre en compte la participation active des patients à des réseaux d’échange d’information et d’entraide dans le calcul de leurs droits sociaux ?

Voilà. Vous savez.

AB

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