La machine à innover existe-t-elle ? Non, bien sur … et pourtant. Certains prétendent l'avoir trouvée. Prenez Tim Harford, dans le magazine Wired du mois de juin 2011. Dans son article "Flipping the Switch", il avance : "nous sommes à cours d'idée brillantes. Voilà comment construire un machine à innover". Selon lui, il en existerait en fait deux sortes. La première serait "bêtement" le bon vieux concours d'idées largement doté. Lancez un défi et promettez des millions à qui résoudra le problème. Il y a de grande chance pour que cela fonctionne. Certes, encore faut-il en avoir les moyens et de plus savoir avoir un problème bien défini à résoudre. Cette machine-là ne fonctionne pas lorsque l'on part de rien et qu'il faut trouver l'idée avant de trouver la solution pour la mettre en oeuvre.
Le deuxième type de machine à innover fonctionnerait lui aussi à coup de millions, mais sous la forme de fonds réservés aux financement de projets fous, dont il sortirait bien quelque chose. Un peu aléatoir, comem machine. Certes, mais dans les deux cas, la productivité des machines est bien incertaines et le retour sur investissement très approximatif. Et elles s'appliquent mal aux entreprises.
Qu'importe, les grands cabinets de conseil sont là. Tous ont mis au point une méthodologie pour aider les entreprises à innover. L'un d'entre eux, Oliver Wyman Delta, a même sa propre machine à innover. Basée sur une approche systémique de l'innovation "tous les éléments d'une entreprises sont concernés", la machine est composée de trois piliers (la stratégie d'innovation, l'organisation de l'innovation et l'innovation appliquée)avec chacun leurs 3 facteurs clés de succès , soient neuf au total (centricité client, besoin de rupture, excentricité des talents…). En clair, définir ce que l'on cherche, s'organiser et mettre en oeuvres les moyens pour y arriver. Superbe machine que celle-ci ! Certes, le OliverWyman Delta a bien défini les 7 idées reçue auxquelles il faudrait tordre le coup avant d'actionner la-dite machine. Les consutlants ont même mis au point un test qui permet de modéliser la maturité de l'entreprise selon ces neuf facteurs de succès et de définir quel type d'innovatrice est l'entreprise. Là vous avez le choix entre 27 profils, comme le militaire, l'ingénierie, le low cosy, l'Apple, le Toyota, l'usine à gaz, l'artisan ou encore le joueur de pocker !
Venu pour témoigner de l'efficacité de la machine, le directeur de 'linnovaiotn du groupe Charal a avoué n'avoir pas passé le teste. Ou alors il n'a pas osé le dire. Et de toute façon. cela ne sert pas à grand chose.
La machine à innover n'existe pas. Car une fois que l'on a passé les tests et obtenu un beau graphe et un profil, tout reste à faire. Pour Alain Novellon, directeur innovationde Charal, il a fallu définir un processus d'innovation en quartes étapes assez linéaires : une phase idée, une phase concept, une phase projet et une phase lancement. Le tout durant de 12 à 18 mois "voir plus longtemps pour les projets allant vers la rupture".
Suremetn très efficace, mais très classique. Et j'avoue que je n'ai pas compris à quoi la machine à innover d' Oliver Wyman avait servi, si ce n'est à guider la reflexion des consultants.
AB













Si une machine à innover n’existe sans doute pas, je suis tout de même convaincu qu’il est possible de mettre en place tous les éléments qui rendront propices l’innovation. On doit garder de toutes les façons en tête l’une des maximes véhiculée depuis des années par Mr Watson, l’un des dirigeants d’IBM, qui disait que pour innover il faut savoir accepter l’échec. Un autre facteur de succès d’une stratégie faisant la part belle à l’innovation est sans doute de ne pas se contenter de chercher l’innovation au seul niveau des produits. Elle peut tout autant se concrétiser et apporter ses fruits au niveau des services associés, et pourquoi pas au niveau de la communication de son offre et de sa commercialisation. Je me risquerais à mettre en avant un troisième critère favorisant l’innovation, celui de rendre possible en sein de l’entreprise une communication, des échanges, et en final une compréhension entre la technique et le commercial. Tout un programme que je résumerais donc ainsi :
Pour innover :
1. préparez vous à accepter l’échec mais trouvez les bonnes méthodes pour minimiser les risques
2. ne cherchez pas l’innovation uniquement pour vos produits mais pensez aussi communication et commercialisation et trouvez vos sources d’inspiration dans d’autres secteurs d’activité
3. faîtes en sorte que vos techniciens parlent à vos commerciaux et vice-versa
Vous pouvez trouver les détails supplémentaires de cette approche sur http://www.installateur-de-differenciation.com
[...] un précédent poste, consacré à la « machine à Innover » du cabinet Oliver Wyman, j’étais un peu critique, tant la démarche [...]
Excellent article cher(e) AB
Pour avoir vécu l’intervention de plusieurs grands cabinets dont OW, je trouve votre conclusion très pertinente . Ces méthodologies sont aussi des vitrines publicitaires pour que des dirigeants égarés croient en la capacité des-dits cabinets de redonner un boost à leur business ( au pays des aveugles … )
C’est mal connaitre l’innovation que d’imaginer que 2 entreprises différentes en tous points puissent utiliser la même méthodologie pour se différencier et être compétitives sur leurs marchés respectifs.
Même si on accepte qu’il peut exister,dans ses grandes lignes, une démarche type, c’est surtout ce qu’on fait à l’intérieur de cette démarche qui est important et les grands cabinets se gardent bien de descendre au niveau des aspects opérationnels; ca se vend moins bien et c’est plus risqué quant aux résultats.
Conditionnez le règlement de la prestation à la mise en pratique de la méthodologie au travers d’un projet d’innovation ( avec obligation de résultat ), vous verrez tout de suite disparaitre la baguette magique.