Quelle mouche biotech a piqué l’Académie des technologies ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Quelle mouche biotech a piqué l’Académie des technologies ?

Le 16/12/2011 | Entreprise, Financement

Je me demandais justement ce que fabriquait  l’Académie des technologies, créée il y a dix ans, pour conseiller les politiques sur les sujets technologiques. Et bien pour fêter leur anniversaire, l’Académie s’est fendue d’un superbe DVD de présentation avec Verbatim de ses personnalités, d’une belle plaquette, d’un livre sur le principe de précaution (on y reviendra peut-être) et… à mon grand étonnement, d’un avis sur le financement des start-up de biotechnologies pharma !

Selon l’Académie, « la chaîne du financement des start-up biotech pharma ne fonctionne plus en France car l’absence de relais suffisants de financements, principalement dans les phases aval, dissuade les investisseurs en amont. S’ajoute à cette tendance, une capacité amoindrie à la prise de risque (pour des raisons conjoncturelles mais aussi structurelles) de la part des acteurs du domaine. »En clair, il n’y a pas assez d’argent, et les big pharmas, en pleine restructuration, ont abandonné aux start-up, des pans entiers de recherche, sans réellement les financer… La solution ? « Il conviendrait de simplifier et de mieux coordonner les actions publiques actuelles, de revoir certains dispositifs fiscaux et d’en envisager de nouveaux (assurance-vie). La gouvernance des dispositifs de financement public (subventions, aides, avances remboursables, SATT, fonds d’amorçage, OSEO) pourrait également s’ouvrir d’avantage aux acteurs privés (capital-risque, industries, start-up, associations représentatives) », propose l’Académie.

En résumé… toujours et encore le levier fiscal et pour alimenter le fonds, toujours en encore aller puiser dans l’assurance-vie. Depuis le temps que l’on en parle ! Je croyais que c’était de l’humour à répétition.

N’empêche le constat : « Le chemin « vertueux » des années 90 (création, financement d’amorçage, tours de table du capital-risque, introduction en bourse) ne fonctionne plus. » C’est surtout vrai pour les start-up engagées dans le développement de thérapies, de méthodes de diagnostics et de vaccins, dont les besoins en capital situent entre 30 à 80 M€ et peuvent dépasser les 150M€.

Les initiatives existantes ou récentes (Fonds biotech INNOBIO, nouveaux fonds d’amorçages du grand emprunt, statut JEI…) ne semble pas suffire à l’Académie loin du compte.

Et cette dernière se lance dans les recommandations :

Assurer une meilleure formation des chercheurs à une culture industrielle et s’appuyer sur les SATT (qui n’existent pas vraiment encore !) pour sélectionner dans les laboratoires des meilleurs projets pour imaginer les start-up potentielles prometteuses ! En claire, arrêter de créer de start-up sur des micro niches ?
Augmenter des fonds d’amorçage pour garantir 10 millions d’euros au départ !
Privilégier l’usage du crédit d’impôt recherche au profit des PME innovantes.
Et enfin, financer le développement de 10 à 20 entreprises pour un coût total qui pourrait aller de 200 à 400 millions €/ an. « Dans ce cadre, les pouvoirs publics sont invités à se pencher sur la possibilité de nouvelles incitations fiscales, par exemple en examinant comment attirer les fonds d’assurance-vie (1 300 milliards d’euros d’encours en 2010, 130 milliards de collecte annuelle) à hauteur des 500 millions d’euros nécessaires à l’équilibre financier de toutes les filières biotech santé ».

C’est dit. À croire que c’est France Biotech qui tient la plume. Mais j’avoue que devant la liste des 267 membres de l’Académie, je suis bien en peine pour établir un lien.

AB

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