Le numérique est-il soluble dans le grand emprunt ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Le numérique est-il soluble dans le grand emprunt ?

Le 22/02/2012 | Entreprise, Financement, Politique

Décidément, les investissements d’avenir (le nom officiel du grand emprunt) bute sur le numérique. Pourtant, sur les 35 milliards de prévus, 4,25 étaient initialement réservés au Fonds pour la société du numérique (FSN) géré directement par le Commissariat aux investissements d’avenir, piloté par René Ricol et dépendant du Premier ministre. Sur ces 4,25 milliards, 2 milliards doivent servir à amorcer la pompe du financement public-privé des infrastructures pour le très haut débit)… qui devrait coûter, selon les calculs, entre 18 et 30 milliards (selon la Datar) ! Le reste, soit tout de même 2,25 milliards d’euros pour les technologies et les usages.

En septembre 2010, les services du commissariat aux investissements d’avenir expliquaient que cette somme devait être distribuée à 30 % sous forme de subvention dans le cadre d’appel à projet thématique et à 70 % sous la forme de participation de l’État à de grands consortiums public privé (comme Andromède pour un cloud français). En mars 2011, un communiqué précisait que 1,4 milliard d’euros leur seraient réservés, soit 1,1 milliard restant pour les appels à projets.

Or René Ricol a du mal à dépenser l’argent ! En Octobre 2011, déjà, il reconnaissait qu’il avait du mal à attirer les projets portés par des PME. Du coup, le FNS est dépouillé. Si je suis bien, Éric Besson, ministre de l’industrie t de l’économie numérique, a annoncé le 2 février 2012,  lors des vœux du CNN (Conseil national du numérique), que 200 millions d’euros (des 2,25 milliards du FSN) vont finalement aller grossir le « fonds de fonds d’amorçage de la Caisse des dépôts (400 millions d’euros aussi du grand emprunt) mais a priori en faveur de start-up du numérique.

Et il y a quelques jours, « le Gouvernement a annoncé le transfert de 450 millions d’euros du Fonds pour la société numérique au profit de OSEO Industries », prévient dans un communiqué le CNN.

Ce document, indique que, suite à cette annonce,  Gilles Babinet, Président du CNNum, a rencontré le Ministre de l’économie numérique, Éric BESSON, le Commissaire général à l’investissement, René Ricol, le Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, Augustin de Romanet et, le Président d’OSEO, François Drouin afin d’échanger sur les recommandations du CNNum en matière de financement de l’innovation. Pour « rappeler que le numérique constitue aujourd’hui le cœur de la croissance française […] Et qu’il est  il est important qu’une partie des moyens de financement d’OSEO Industrie fasse l’objet d’un fléchage en faveur des entreprises du numérique.

Le document inique aussi que  « les discussions ont mis en lumière la faiblesse du nombre de projets actuellement soumis aux différents opérateurs en charge du Grand Emprunt, et en particulier au FSN PME. »

Et pourquoi donc ? Pourtant, les appels à projets ont bien été lancés et correspondaient aux sujets que les acteurs eux-mêmes souhaitaient voir financer, lors de la consultation publique qu’avait lancée Nathalie Kosciusko-Morizet, alors responsable de l’économie numérique au gouvernement (entre deux portefeuilles à l’environnement) avant Éric Besson. Et les appels à projets ont bien tous été lancés  :

Et si on fait le point, il y a déjà 236 millions ont été engagés et de nombreux appels à projets (hors haut débit) sont en cours. Mais effectivement, les projets ne doivent pas se bousculer…. l’État doit s’y reprendre à deux fois pour la plupart des appels à projets et même à trois fois, pour l’embarqué !

THD Pilote (clos le 5 octobre 2010), 2,5 millions d’euros pour 7 projets

Programme national très haut débit – Réseaux d’initiative publique,

Nanoélectronique (clos le 5 janvier 2011), avec 135 millions d’euros pour 8 projets

Technologies de numérisation et de valorisation des contenus culturels, scientifiques et éducatifs (clos le 31 mars 2011) avec 18 projets financés par 30 millions d’euros,

Technologies de sécurité et de résilience des réseaux (clos le 31 mars 2011),

Briques génériques du logiciel embarqué (clos le 29 avril 2011), avec 32 millions d’euros pour six projets

e-Education (clos le 29 avril 2011),

e-Santé n°1 (clos le 29 avril 2011),

Informatique en nuage – cloud computing (clos le 29 avril 2011) avec 19 millions d’euros pour 5 projets ,

Ville numérique (clos le 31 mai 2011),

Systèmes de transport intelligents (clos le 31 mai 2011),

Déploiement de services mobiles sans contact NFC, avec une présélection ( !) de 17 projets pour 20 millions d’euros

Appel à partenariat pour la numérisation et la valorisation des collections BnF,

e-Santé n°2,

Nanoélectronique n°2 (clos le 28 octobre 2011),

Technologies de sécurité et de résilience des réseaux n°2,

Briques génériques du logiciel embarqué n°2,

Informatique en nuage – cloud computing n°2,

Technologies des contenus numériques n°2,

Services numériques innovants pour l’e-Education,

Briques génériques du logiciel embarqué n°3

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  4. mrag33 | 23 février 2012 à 16:15

    Bonjour,
    Visiblement Monsieur RICOL, a bien du mal pour trouver des entreprises, mais finalement, il est lui aussi victime de notre désindustrialisation et de notre manque de PME.
    Nos grosses têtes n’ont elles pas pris le problème à l’envers. Il serait sans doute bon d’aller fouiller dans les cartons du C.N.R.S, dans ceux de nos chercheurs, et de proposer aux entreprises de les associés dans les phases de développement et la mises en œuvre commerciale de ses projets.
    Il est bon de se rappeler une chose, c’est que 57% de nos entreprises, dites innovantes, sont revendues dans les cinq ans à des groupes étrangers.
    Oui, ils faut préparer l’avenir, mais aussi, assurer le présent.
    Le montant des sommes engagées, nous fait tourner la tête, nous qui sommes de petits chefs d’entreprises et qui avons toutes les difficultés du monde à maintenir nos découverts bancaires ou a obtenir un crédit de 25.000 euros de trésorerie pour financer une nouvelle commande ou un nouveau marché.
    Les résultats de notre commerce extérieur devrait faire réfléchir nos grands argentiers.(qu’ils regardent et appuient nos points forts)
    Ce sont d’entreprises de croissance dont nous avons besoins, ayant un potentiel et une volonté de développement. Mais comment être dans cette posture, si nous passons notre temps à gérer des ennuis périphériques.
    Le vrai problème, c’est que aucune de ces grosses têtes, qui ont fait l’ENA, SCIENCEPO, ou l’X ne sont venu travailler dans une TPE de 10 personnes. Aucun n’a hypothéquer sa maison pour payer ses échéances.
    Un peu de bon sens paysan ferait du bien.

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