Comment gérer le souk des investissements d’avenir ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Comment gérer le souk des investissements d’avenir ?

Le 31/05/2012 | Financement, Politique, Recherche


Finalement, les investissements d’avenir, c’est une bonne idée ?
Pas si sûr. Certes, le gouvernement Hollande ne devrait pas remettre en cause ce qui a été lancé. Mais il lui faut maintenant gérer les effets pervers. Et ils sont nombreux, comme le pointe Patrick Haouat, associé gérant du cabinet conseil en innovation Erdyn. Certes, ce dernier ne remet pas en cause le bien fondé des investissements d’avenir. Pour autant, il s’est cru obligé d’alerter sur les dérives possibles des nouveaux dispositifs, qui viennent s’empiler sur ceux déjà existants. « Les projets tardent à se mettre en place, et plusieurs aspects du programme interpellent les spécialistes de l’innovation, qui s’inquiètent de certaines faiblesses du dispositif », écrit-il.

Et il n’hésite pas à appuyer là où cela fait mal. « Le système est devenu illisible et donc peut accessible pour les utilisateurs, notamment les PME. En France on est spécialiste de l’empilement des structures, sans jamais supprimer les anciennes. » De fait, créer des IRT, des IEED, des IHU, des SATT, des Labex, qui viennent s’ajouter aux plates-formes d’innovation technologique, aux RTRA et autres instituts Carnot n’aide pas. « Il faudrait éviter de créer de nouveau label, et donner aux nouveaux instituts de recherche le label Carnot, ce qui porterait leur nombre de 34 à 50 », propose Patrick Haouat. Pourquoi pas. Mais je ne crois pas que cela suffirait à simplifier le paysage.

Le consultant pointe aussi les « chamailleries entre états et collectivités locales sur la gouvernance de nouveaux projets. » Impliqué dans la constitution du projet Jules Vernes, le seul Institut de recherche technologique (IRT) vraiment en place, IL sait qu’il faut faire preuve de fermeté et d’imagination, pour trouver une solution. Mais que rien n’est simple et tout prend beaucoup de temps Selon lui, le projet d’IEED VDCOM, qui doit s’installer sur le site de Versailles-Satory pourrait ainsi avoir un an de décalage dans le temps sur celui de Jules Vernes… le temps d’accorder tous les monde. Donc rien avant mi 2013 ! « Et attention au cumul des mandats lors du recrutement des responsables de ces structures. Ce sont des postes à plein-temps ! »

Et s’il ne l’écrit pas dans sa tribune, il reconnaît lui aussi que l’autofinancement à dix ans de toutes ces structures est improbable. « Au bout de dix ans, elles auront out pour la plupart tout juste fini de se mettre en place. » Il serait donc judicieux de prévoir la suite dès maintenant. Pour ne pas se retrouver dans la situation de pôles de compétitivité qui s’interroge sur la pérennité des financements publics, que ce soit pour leur gouvernance, que pour les projets. À bon entendeur.

 

AB

bulle Reactions
  1. Thierry | 5 juin 2012 à 16:36

    « Pour autant, il s’est cru obligé de… » qu’insinuez vous ? que les consultants sont des voleurs ? autant le dire directement et faire un article dessus. On a l’impression au fil de vos articles que vous avez une rancune contre eux !

    Par ailleurs, dans tous vos articles vous aimez commenter de cette façon : « Mais je ne crois pas que cela suffirait à simplifier le paysage », du coup, on attend vos propositions.

    A vous lire.
    Un lecteur assidu mais qui n’aime pas votre ton.

  2. AB | 5 juin 2012 à 16:42

    Étonnante interprétation de mes propos. Je ne pense en aucun cas que les consultants sont des voleurs. En revanche, je suis bien placée pour apprécier les efforts qu’il font pour que l’on parle d’eux. ;)
    Quand à mes propositions… je suis journaliste, pas consultante. En revanche, dès qu’une piste me paraît intéressante, normalement je la mentionne.

  3. Thierry | 5 juin 2012 à 17:03

    C’est juste une question du style qui donne parfois l’impression qu’il y a un sous-entendu, si il n’y en a pas, tant mieux ;)
    Il est vrai que ces sujets sont particulièrement complexes pour avoir une réponse facilement identifiable !

  4. Thierry Garçon | 11 juin 2012 à 8:53

    Déjà en 1948 Auguste LUMIERE écrivait dans la préface de son livre « La Recherche Scientifique » (Société d’Edition d’Enseignement Supérieur, Paris) :
    « Voilà plus de soixante ans que la recherche scientifique nous passionne ; nous y avons mis toute notre âme ; nous nous y sommes livré avec une constante ardeur qui ne s’est jamais démentie. Toutes nos ressources personnelles ont été consacrées, pendant de longues années, à la construction, l’aménagement et au fonctionnement de Laboratoires où nous avons étudié, avec des collaborateurs et des laborantines à notre charge, de très nombreux problèmes ayant donné lieu à la publication de trente volumes et de huit cent cinquante-cinq mémoires.
    Les Assemblées législatives ont votés des lois, en France, dans le but de développer la recherche scientifique, et des règlements administratifs ont été élaborés en vue de leur application ; un Comité National a été créé et ses membres désignés, flanqué d’un Directoire, d’un Comité Scientifique et de plusieurs Commissions spécialisées ainsi que d’une Commission de classement, chacun de ces organismes comportant un directeur, un directeur-adjoint, des chefs de bureaux, des rédacteurs, des sténo-dactylographes et autres employés plus ou moins nombreux et variés suivant les branches de cette organisation à laquelle participe, en fin de compte, un véritable régiment de fonctionnaires officiels, contractuels ou auxiliaires.
    Reste à savoir si les services rendus par ce fameux Comité sont en rapport avec l’énorme dépense que son fonctionnement a exigée ?
    En réalité, tout cela est bâti sur le sable. On ignore ce que devrait être la recherche scientifique, on ignore les conditions de sa poursuite utile, les entraves qui la paralysent, les conditions et les facultés indispensables à son exercice fertile, etc…
    Ce n’est pas dans des Commissions, ni dans des bureaux, ni même dans des Instituts spécialement fondés pour la poursuivre qu’on peut la développer efficacement. Elle a d’autres exigences, méconnues de ceux qui prétendent la diriger.
    Notre but principal est de sortir des méthodes routinières dans lesquelles l’encouragement à la recherche scientifique s’est enlisé, en paralysant trop souvent cette recherche au lieu de la développer ; notre objectif étant aussi de réveiller les Autorités Scientifiques endormies sur les procédés surannés et inefficaces. ».

  5. [...] } #themeHeader #titleAndDescription * { color: black; } blog.usinenouvelle.com – Today, 2:07 [...]

com_reagissez