Trop d’écosystèmes d’innovation en France ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Trop d’écosystèmes d’innovation en France ?

Le 31/10/2013 | Cluster, Entreprise, Pôles de compétitivité

Soutenir les écosystèmes d’innovation en France serait, selon La Tribune, une des trois priorités de Jean-Marc Ayrault en matière de politique nationale d’innovation. Informées, ou sentant juste le vent venir, quatre des multiples structures soutenant ces écosystèmes, en l’occurrence CapinTech, le Club des Pôles Mondiaux, France Clusters et RETIS – qui représentent plus de 15 000 entreprises,  laboratoires publics, financeurs privés, incubateurs, CEEI (Centre Européens d’Entreprises Innovantes), technopoles, grappes d’entreprises et pôles de compétitivité français- ont annoncé, le 23 octobre, la création d’une plate-forme d’innovation pour coordonner leurs actions.

En appelant les autres écosystèmes d’innovation à les rejoindre. « Les pays qui ont des politiques d’innovation structurées disposent de ce genre de plate-forme, observe Jean-Luc Beylat, président du pôle Systematic et directeur des Bell Labs France d’Alcatel Lucent, et surtout auteur avec Pierre Tambourin du dernier rapport sur l’innovation commandé par le GouvernementOr nous sommes dans un contexte où beaucoup d’associations d’aide à l’innovation et de structures d’aides aux start-up n’interagissent pas.  »

Reste qu’il y a encore tout à faire.  Si la création de la plate-forme a immédiatement été saluée par Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Innovation, aux PME et à l’Economie numérique, la plate-forme n’a pour l’instant ni nom, ni organisation. « Nous n’avons pas voulu tout ficeler d’avance, pour que les nouveaux entrants ne se sentent pas exclu. Mais la plate-forme devrait s’organiser au premier semestre 2014« , explique Jean-Luc Beylat. Reconnaissant aussi qu’il s’agissait d’aller vite, à la veille de l’annonce d’un grand plan Innovation France, promis pour début novembre.

L’opération – de communication – semble avoir fonctionné. « Nous voulions donner le point de départ de l’action de coordination des acteurs de l’innovation, sans attendre les pouvoirs publics. Le message est passé, et des agences régionales de l’innovation et quelques structures privées se sont déjà manifestées« , se félicite Jean-Luc Beylat. Et l’initiative est soutenue par la Bpifrance, qui avait prêté son auditorium pour l’occasion.

Outre de tenter de fédérer des acteurs, à quoi va servir cette plate-forme ? La réponse n’est pas très claire. « Tout n’est pas posé. Le système ne manque pas d’argent public mais de cohésion. La plate-forme pourra par exemple travailler sur les liens entre investisseurs, incubateurs et pôles. Pour aboutir à plus de création d’entreprises, de meilleurs choix« , avance le porte-parole de l’initiative. Mais les modes de coordination, voire les sujets à mettre en commun, ne sont pas encore définis.

C’est vrai qu’avec 71 pôles de compétitivité, 12 SATT, 8 IRT, une vingtaine d’agences régionales d’innovation, des dizaine de chambres de commerce, plus de 180 clusters, peut-être autant d’incubateurs et de pépinières publics ou privés, sans parler des nouveaux accélérateurs de start-up, des instituts Carnot de BPI Innovation (ex-Oseo innovation, ex-Anvar) qui devraient se réorganiser, et des comités de filières industrielles, qui portent désormais 34 plans industriels forcément innovants…  le panorama est bien encombré en matière d’écosystèmes d’innovation ! Une plate-forme  »informelle fonctionnant comme un club » – qui, promis, ne sera pas une structure de plus – permettra-t-elle vraiment d’y voir plus clair ? Ou faut-il, aussi, clarifier le paysage ?

Billet initialement publié sur Usinenouvelle.com 

AB

bulle Reactions
  1. Trop d’écosystèmes d’... | 19 novembre 2013 à 19:06

    [...] Pour coordonner leurs actions, CapinTech, le Club des Pôles Mondiaux, France Clusters et RETIS ont annoncé la création d’une plate-forme ouverte d’innovation. Le signe d’un trop plein de structures ?  [...]

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