Quelle mouche a piqué les SRC ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Quelle mouche a piqué les SRC ?

Le 19/11/2012 | Entreprise, Recherche
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Qu’est-ce qui a bien pu faire sortir les SRC de leur silence ?  L’Association des structures de recherche sous contrat (ASRC) vient en effet de publier ses « 9 propositions pour le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi ». en fait des revendications qui visent plus à favoriser les structures de recherche sous contrat (SRC) elles-mêmes,  que les économies qu’elles promettent de booster.

Certes, à l’avant dernière page du document, on apprend que grâce aux SRC, les usines françaises peuvent améliorer leurs process et donc gagner en compétitivité. Et qu’elles sont championnes en matière de maturation technologique. Mais on distingue mal dans leurs revendications comment elles peuvent peser plus.

En fait, ce que veulent les SRC, c’est ne pas peser moins, et continuer à participer activement à l’innovation des entreprises. Car pour les SRC, tout va bien. La crise ? Connaît pas ! En six ans, le chiffre d’affaires des 43 membres de l’association, qui revendiquent 2 000 contrats par an, est passé de 80 à 100 millions d’euros par an. « Une bonne performance liée aussi à l’augmentation du nombre de membres », tente de minimiser Jérôme Billé, délégué général de l’ASRC. En fait, les SRC bénéficient en plein de la réforme du crédit impôt recherche, qui leur permet d’obtenir le label CIR, et donc à leur client de déduire 30 % de ses dépenses.

Mais que recherchent donc de plus les SRC ? « Nous voulons témoigner d’une part de notre « ras le bol » et d’autre part de notre inquiétude », résume Jérôme Billé. Ras le bol d’avoir été systématiquement écarté du programme d’investissement d’avenir. « Notamment en matière de valorisation. Nous avions un projet de SATT (Société d’accélération de transfert technologique), mais nous n’avons pas eu le droit de postuler », regrette le délégué général de l’ASRC. De même, les SRC déplorent de n’avoir pas été consultées lors de la création des IRT (instituts de recherche technologique). « Or il nous arrive déjà de récupérer des projets de recherche confiés à un laboratoire – donc déjà déductibles à 60% au titre du CIR -  qui ont capoté.  » Tant qu’à faire, les SRC demandent donc d’être labellisées comme un laboratoire public, et donc de bénéficier du doublement du CIR pour leurs prestations. « Cela n’aurait pas vraiment d’impact sur la décision de nos clients grand compte, mais cela permettrait aux ETI et aux PME, que l’on cherche à faire grandir, de travailler plus facilement avec nous », justifie Jérôme Billé.  Etrange revendication alors que leurs prestations sur les prototypes deviennent éligibles au nouveau crédit d’impôt innovation, réservé justement aux PME (mais pas aux ETI, il est vrai) !

En fait, les SRC sont surtout inquiètes. Inquiètes, qu’avec la création de la Banque publique d’investissement et l’absorption d’Oséo, les dispositifs qui leur étaient favorables, comme le programme ISI d’Oséo, disparaissent. « Nous ne voulons pas que les politiques nationales deviennent la somme des politiques régionales. Et nous voulons être associés aux discussions des comités de filières », résume le délégué général de l’ASRC. Comment ? Les SRC ne savent pas. Déjà, ils ont du mal à identifier le bon interlocuteur au gouvernement pour se faire entendre. « Nous sommes allés voir les cabinets de Montebourg, Fioraso et Pellerin. Tous se sont déclarés très intéressés par nos propositions, qu’ils nous ont demandé de formaliser dans une note ». C’est fait. Mais pas sûr, qu’en l’état, elles trouvent beaucoup d’écho.

AB

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