Pourquoi pas une troisième SATT à Paris ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Pourquoi pas une troisième SATT à Paris ?

Le 12/02/2012 | Entreprise, Propriété intellectuelle, Recherche

C’est parti. Les cinq premières sociétés d’accélération de transfert de technologies (SATT), financées par le fond national de valorisation (1 milliard d’euros des investissemnts d’avenir géré par la CDC), sont sur les rails. Les statuts sont déposés. Les directeurs généraux nommés. Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu. “Deux SATT à Paris, c’est une anomalie par rapport à la logique régionale de l’appel d’offfre de l’ARN (Agence nationale de la recherche)”, observe Alain Tassy, le PDG de la SATT Lutech. C’est peut-être une anomalie mais selon son homologue Gilles Rubinsteen, PDG de la SATT idF-Innov, l’autre parisienne, il y a largement de la place pour tous ! “Deux SATT, c’est incroyable peu ! L’Ile-de-France concentre 42% des dépenses de R&D du pays. Si l’on retire les 11% de Saclay, il reste 32% à se partager en 2 SATT ! ” Elles seront donc au moins 7 SATT (4 autres SATT sont déjà labellisés) à se partager les 60% restant sur le reste du territoire français. Probablement plus, car une troisième sélections est prévue. Alors deux SATT parisiennes, c’est trop ou pas assez ? Voyons un peu.

Lutech a comme actionnaires l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie – Paris VI), l’Université Paris Pantheon Assas, l’UTC (université technologique de Compiègne – Oise), le CNRS et l’Insead (Ecole de management de Fontainebleau – Seinte et Marne). “Avec les laboratoire de l’UPMC à Roskoff, Banyuls sur Mer et Villefranche, 7000 chercheurs et quelques pépites, nous avons presque une vocation nationale”, avance Alain Tassy. Peut-être, mais l’ESPCI (l’Ecole supérieurs de physique et chimie de Paris) et l’ENSCP (Ecole national supérieure de chimie de Paris), qui étaient dans le projet initial, se sont retirées. L’ENSCI (Ecole nationale supérieurs de création industrielle), elle, doit encore modifier ses statuts pour entrer au capital de Lutech, tout comme le Muséum d’Histoire Naturel. “Mais nous sommes ouverts à d’autre laboratoires”, s’empresse d’ajouter Alain Tassy, qui ajoute. “Nous avons des liens très forts à le PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) Paris Science et Lettres”. C’est dit

De son côté, Idf-Innov va assurer la valorisation des laboratoires de deux PRES parisiens, Sorbonne Paris Cité (qui inclut SciencePo) et Paris Est (Crétail, Marne la Vallée…), ainsi que de l’université de Cergy Pontoises, avec L’inserm et toujours le CNRS. “Cela repésente 340 unités de recherche et 17000 chercheurs, dont 60% dans la santé”, compte Gilles Rubinsteen. Son objectif, à lui, c’est de tripler le nombre de brevets déposés par les chercheurs, et de transferer les technologies vers les PME. Alors que le modèle de Lutech, ce serait plutôt Carmat, la pépite financée apr Matra-Lagardère, qui produit des coeurs artificielles.

Pour autant, toutes les SATT ont, en gros, par secteurs (sciences de la vie, transports, numériques…) le même terrain de chasse commercial : les entreprises susceptibles d’industrialiser une technologie. Et cela, partout. Car si le périmètre intial est régionale, les SATT peuvent bien évidement vendre à qui elle veulent. Et il ne faiut pas oublier que, si pour démarrer elles sont financées par l’Etat, elles ont vocation à être rentables d’ici à 10 ans !

“Le problème en fait, c’est ParisTech”, glisse Alain Tassy. Paris Tech est un pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) qui rassemble 12 des plus prestigieuses grandes écoles françaises : Agro ParisTech Arts et Métiers ParisTech, Chimie ParisTech (ENSCP), École des Ponts ParisTech, École Polytechnique, ENSAE ParisTech, ENSTA ParisTech, ESPCI ParisTech, HEC Paris, Institut d’Optique Graduate School, MINES ParisTech et Télécom ParisTech (Intitut Telecom), à cheval sur trois sites : Paris, le plateau de Saclay (Essonnes) et Marne la Vallées ( Seinte-ET-Marne). Or, si un projet de SATT ParisTEch a bien été présenté, il n’est passé ni au premier, ni au deuxième tour de séléction. Quelque chose qui coince ?

AB

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  1. cyrille van Effenterre | 13 février 2012 à 15:12

    Voilà un article intéressant, mais qui comprend au moins une erreur factuelle : le PRES ParisTech n’a déposé aucun dossier SATT, ni été associé de près ou de loin aux différents projets de Paris comme de Saclay. En revanche, certaines de ses écoles membres ont été plus ou moins associées, avec des succès divers, dans ces différents dossiers.

    En matière d’innovation et de valorisation, ParisTech n’est donc pas « le problème », contrairement à ce que semble penser Alain Tassy ; c’est peut-être même un élément de solution…

  2. AB | 16 février 2012 à 14:02

    Merci pour ces précisions. en l’absence d’informations claire sur les candidats au SATT, j’ai effectivement un peu vite déduit que le dossier de Saclay était porté par ParisTech, tant les écoles qui le composent sont nombreuses à y être impliquées.

  3. A-Y Portnoff | 19 février 2012 à 13:05

    Très bien ces accélérateurs. Mais 1- »on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif »…c’est le problème côté dinosaures, cf le scandale Thomson Albert Fert. 2-L’accélération suppose une structure légère nationale de déblocage pour sauver les nombreux dossiers coincés par des refus de signatures dans la bureaucratie ou par de discrètes pressions, 3-le problème majeur demeure non le transfert et la création de start-up, mais la possibilité pour celles-ci de croître jusqu’à devenir de grandes entreprises tout en demeurant innovantes…

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