C’est quoi un ambassadeur de l’innovation ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

C’est quoi un ambassadeur de l’innovation ?

Le 15/12/2011 | Entreprise, Politique, Recherche

À l’occasion d’une rencontre informelle organisée à Paris entre le ministre, L’Usine Nouvelle et un panel de lecteurs, le 6 décembre dernier, Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a déclaré : « On va créer des ambassadeurs de l’innovation qui auront comme mission de démarcher les PME et de les mettre en relation avec d’autres entreprises et laboratoires. »

J’étais présente. Et j’ai donc un peu plus de détails sur ces futurs ambassadeurs de l’innovation : « Ils auront comme tâche et comme mission de démarcher les PME et de leur dire : « vous avez tel profil, nous, on a dans le catalogue de chercheur et celui des laboratoires, telle ou telle personne avec laquelle on peut vous mettre en relation. Et derrière, ils pourront leur proposer du crédit impôt recherche public – privé, des contrats Cifre, a précisé le ministre. « Le profil type serait un type débrouillard, de quarante ans à soixante-cinq ans, qui ait à la fois une vision PME et une vision recherche, et qui va être capable de comprendre les deux univers. Je n’ai pas besoin de grands cerveaux, j’ai besoin de gens qui aiment ces deux univers et qui soient capables de les mettre en relation. Bien sûr ils seront rémunérés.  L’idée est de se claquer sur le modèle des développeurs de l’apprentissage créés  avec le réseau des CCI. Et donc en demandant qu’il y ait un cofinancement, pour qu’on ait vraiment une logique de territoire. « 

Pourquoi pas. Ces ambassadeurs seraient d’un grand secours aux Instituts Carnot qui doivent, vaille que vaille augmenter le nombre de PME avec lesquels ils travaillent. Mais Je ne peux m’empêcher de penser aux équipes de gouvernance de pôles de compétitivité, dont c’est aussi justement une des grandes réussites. ET aussi surtout aux agents d’Oséo Innovation, qui effectuent ce travail au quotidien. Certes, ils n’ont pas les moyens d’aller voir une à une les PME pour leur proposer les services la recherche publiques françaises, mais, via des programmes comme ISI, ils mettent déjà à disposition des PME qui les sollicitent, leur réseau et leur expertise pour faire se rencontrer les bonnes personnes et créer du lien entre recherche publique et privé… mais qui pour remerciement,  voit leur budget d’aide directe sans cesse rogner !
La mainmise de la finance sur Oséo leur porte sûrement préjudice. Le Ministre n’en a même parlé une fois, lorsqu’il a répondu aux questions des professionnels de l’innovation privés, qui l’interrogeait. Un signe ?

AB

bulle Reactions
  1. Ecorecherche | 16 décembre 2011 à 7:49

    Intéressante idée. Mais qui dit poste rémunéré dit budget. Or question financement en ce moment… Par ailleurs de qui dépendrait ces ambassadeurs?
    Oséo, dont le travail est limité à un certain nombre d’entreprises uniquement et qui ne reconnait que peu les innovations autres que technologiques?
    Les pôles de compétitivités qui par nature même, connaissent très bien un secteur donné sur une région donnée, mais passent à côté de tout ce qui est à côté?
    Les universités directement? Pourquoi pas après tout, mais il faudrait qu’elles recrutent à l’extérieur du monde académique pour ces postes.
    L’idée en tous cas est séduisante et à suivre.

  2. RDT-fan | 16 décembre 2011 à 13:50

    Le projet est excellent.
    Il pourrait être mis en œuvre facilement, avec un budget modeste. Dans un premier temps, on pourrait s’appuyer sur des ambassadeurs déjà financés pour ces tâches de mise en relation entre PME et compétences technologiques : conseillers des agences d’innovation et de développement territoriales, chargés de relations industrielles des universités et organismes de recherche, etc.
    Il suffirait de financer le fonctionnement en réseau de ces ambassadeurs : animation régionale, coordination nationale, base de données de compétences technologiques disponibles pour les PME.
    Ce dispositif existe déjà (Réseaux de Développement Technologique régionaux coordonnés par Oséo, avec leur base de compétences Technéo. Il est financé à parité par l’Etat et les Régions. Le financement par l’Etat, et donc l’animation et la coordination de ce dispositif créé par le Ministre de la Recherche Hubert Curien dans les années 1980, semble prendre fin en décembre 2011.
    La solution idéale serait de poursuivre le soutien aux RDT dès le début 2012, d’y insuffler un nouveau dynamisme et de formuler des objectifs adaptés aux enjeux actuels, en profitant du fort intérêt du Ministre pour la mise en relation entre les PME et les compétences technologiques utiles à leur développement.

  3. AB | 16 décembre 2011 à 14:01

    C’est bien ce que je pensais… cela existe déjà.

  4. Hi | 16 décembre 2011 à 16:37

    @RDT-fan complétement d’accord, de plus l’arrivée des SATT dans le paysage va certainement améliorer le dispositif de matching labo – pme…

  5. RDT-fan | 20 décembre 2011 à 12:17

    Une présentation de l’opération est donnée dans le communiqué de presse du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, (daté du 16 décembre !?)
    Je viens seulement de découvrir.

    http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid58808/renforcer-la-cooperation-entre-les-p.m.e.-et-la-recherche-publique.html

    Expérimentation dans 3 régions : Nord-Pas de Calais, Auvergne et Rhône-Alpes, avec évaluation à la fin du 1er trimestre 2012

  6. AB | 20 décembre 2011 à 12:39

    Si vous avez lu le communiqué, vous avez bien vu que ce n’est qu’un projet qui doit être négocié ! Un effet de manche… pour moi.

  7. A-Y Portnoff | 19 février 2012 à 13:15

    Je crois en effet que ce soit un effet d’annonce de plus qui aggrave encore la complication d’un système confus où les entrepreneurs s’y perdent et dont les membres ne collaborent pas entre eux, ce qui est le plus grave: couteux et pau efficace. On ferait mieux de « définanciariser » et de réindustrialiser » la culture d’Oséo…

com_reagissez