Les médias sont-ils responsables de la défiance française ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Les médias sont-ils responsables de la défiance française ?

Le 24/02/2010 | Culture, Politique, Recherche

On a la presse que l’on mérite. Soit, les médias font leurs choux gras des affaires. Soit, les journaux télévisés, radios et encore parfois nos grands quotidiens nationaux ont beaucoup de mal à ne pas hurler avec les loups, à prendre le temps de l’analyse, talonnés qu’ils sont par Internet, où le trop plein d’informations finit pourtant par tuer l’information.

Pour autant, les médias sont-ils – seuls ? – responsables de la défiance vis-à-vis des technologies, qui semble être une caractéristique nationale. Les intervenants des deux premières tables rondes du colloque parlementaire sur le principe de précaution, qui s’est tenu le 23 février à l’Institut Pasteur, en avaient pourtant l’air convaincu.

Mais tous ces chercheurs, docteurs en droit, sociologues, sénateurs, députés, défenseurs des droits des consommateurs… ne se sont-ils jamais posés la question de leur responsabilité dans ce domaine. N’y sont-ils pour rien dans la disqualification de l’avis des scientifiques dans le débat public ? D’ailleurs, où sont-il, les scientifiques, lors des débats sur les nanotechnologies (si l’on excepte l’omniprésent Etienne Klein du CEA) ? Et pourquoi pas un GIEC sur les nanos comme il en existe un pour le climat ? Et pourquoi Michel Griffon, le directeur adjoint de l’Agence nationale de la recherche déplore-t-il comme une fatalité l’absence d’équipes de recherche osant encore proposer des projets impliquant des OGM ? Nos propres scientifiques ne font-ils pas la différence entre les risques de dissémination de la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées avec les recherches sur des organismes génétiquement modifiés servant, par exemple, au seul usage de la détection de bactéries ou de polluants ?

Les médias ne sont pas exemplaires
dans leur travail de passeurs, de vulgarisateurs scientifiques. C’est un fait (même si, sans les journalistes, l’audience du débat du jour aurait été bien plus clairsemée). Mais clairement, ils ne sont pas aidés.

AB

bulle Reactions
  1. Gab | 7 mars 2010 à 17:14

    Avec ou sans les médias, les lobby savent comment se faire du fric avec n’importe quelle technologie, qu’elle soit ou non éthique. Le marché est mondial. Les Américains se foutent de nous et de nos scrupules moraux.

com_reagissez