L’argent ne fait pas tout. « En matière d’innovation, les moyens financiers dédiés à la recherche (R&D) jouent bien sur un rôle clé. Mais s’il suffisait de mettre de l’argent pour rendre une économie compétitive, nous le saurions depuis longtemps. Les freins à l’innovation sont d’ordre administratif, juridique et même culturel, » a expliqué Nathalie Kosciusko-Morizet Secrétaire d’Etat à la Prospective et au développement de l’économie numérique aux vénérable membres de l’Institut Diderot (club de réflexion de l’assurance), lors d’une intervention dédié à la prospective. Elle a d’ailleurs demandé au Centre d’analyse stratégique d’identifier les freins à l’innovation -« trop nombreux dans notre pays », observe-t-elle- dans le cadre d’une étude sur les compétences informelles, autrement dit, tous les acquis qui ne font par partie des savoirs relevant de telles ou telles discipline, mais de tous ces moyens qui permettent d’étudier dans les meilleurs conditions : se concentrer, se motiver, prendre la parole en public, faire face au stress…Et surtout apprendre à tirer partie de ses erreurs !
Le peur de se tromper, n’est-elle, pas dans notre pays, le seul vrai frein à l’innovation. Dès nos premières années d’école, l’erreur est bannie, chassée, punie… jamais valorisée. Pas étonnant que dans son ouvrage « Manager l’innovation, 100 questions pour comprendre et Agir » (Afnor Editions), Arnaud Groff pointe « une organisation, des valeurs et une culture managériale « inhibitrices », comme second freins à l’innovation dans les entreprises, derrière « une absence de pilotage stratégique en fonctions des marchés et des technologies ». Je l’aurais placé en premier.
Les résultats des du Centre d’analyse stratégiques déboucheront-ils enfin sur une notre intitulée « Priorité nationale : il faut enseigner le droit à l’erreur, dès la maternelle ». On peut toujours rêver.
AB













C’est un premier bon pas, mais on reste quand même à la surface du problème.
Je suis d’accord avec toi sur le fait que la « Peur de se tromper » est un frein majeur au fait d’entreprendre, mais tu soulignes aussi que tu aurais mis en première position « l’absence de pilotage stratégique… »
À mon avis, il faut fouiller plus loin que le seul enseignement du “droit à l’erreur”. La peur est une réaction. Mais à quoi donc ? À tout une approche sociale qui structure l’éducation selon un même modèle : LA PROMESSE DE PROBLÈMES SI L’ON NE SUIT PAS LE MODÈLE.
Si tu fais ça, tu vas avoir des problème. Si ne fait pas comme ça, tu n’y arriveras pas. Si tu tiens tête au prof, tu vas être puni. Si tu ne réponds pas ce que le prof veut entendre, tu auras une mauvaise note. Si tu n’apprends pas, tu seras privé d’ordinateur…
Petit à petit, ce modèle d’éducation fondé sur le BLAME, fait son œuvre jusqu’à un point tel que l’humain essaye de trouver des espaces de « libertés » dans un univers de handicaps, d’interdits, de recommandations sanctions…
Pourquoi les filles ou fils de commerçants sont-ils plus facilement commerçants que les autres ? Parce que leur enfance a été baignée d’interdits SAUF sur le sujet du commerce.
Pourquoi les fils de patrons sont-ils plus facilement patrons ? …
Personne n’aime faire des erreurs car elles sont couteuses, fond perdre du temps et retardent ou éloignent les rêves.
Enseigner la liberté d’être et de s’exprimer permettraient de donner plus de poids à l’ensemble des avis, savoirs, compétences qui nous entourent. Conjugué cela à l’art d’apprendre et de se servir de l’expérience d’autrui, permettrait de limiter les erreurs. Le tout donnerait sans aucun doute, des gens capables, créatifs et réactifs car inscrits dans un phénomène collectif (l’économie est un phénomène collectif), plutôt que des individualités sans cesse à la recherche de repères d’existences, de nouveaux modèles, de nouveaux phares.
Quant aux freins à la création ou au développement, et du fait qu’ils seraient administratifs et juridiques, on pourrait aussi les analyser à partir d’une opposition : intérêt politique vs intérêt économique. Mais se serait un autre débat.
Ce n’est pas moins qui place l’absence de pilotage stratégique en premier, mais Arnaud Groff.
Pour autant, merci pour ton complément d’analyse, sur la peur et les modèles.
Désolé de la méprise.
NKM est allée chercher 4 milliards d’euros tout de même dans le grand emprunt… Et elle s’en est maintes fois vantée avec René Ricol… Autant dire que l’argent compte aussi apparemment pour elle. Maintenant, peut elle le dépenser ? Sans doute non. Et en outre, elle doit être en manque de projets pour utiliser tout cet argent maintenant. C’est pourquoi une petite étude prospective lui fait tant de bien. La France est un petit pays et les innovations ne manquent pas. Ce qui freinent l’innovation c’est surtout la démultiplication des guichets.
C’est pourquoi mon slogan: “L’expérience n’est utile, que si elle sert”
(Après correction…)
Bonjour, je vous rejoins sur cette question de la peur de se tromper que l’on trouve en amont dans le système éducatif comme frein à l’esprit d’innovation.
A cet élément, il faut coupler des facteurs handicapant en aval, comme par exemple la faible reconnaissance financière de la qualité d’inventeur en France.
Voyez ainsi en lien avec mon pseudo un article qui réunit notamment des témoignages édifiants de salariés inventeurs…
[...] This post was mentioned on Twitter by bluenove, Fabien bareti, Jerome Poiraud, Christelle Fritz, ludojj and others. ludojj said: RT @bluenove: La peur, premier frein à l’innovation ? http://bit.ly/9gGnVi (Blog Usine Nouvelle) #openinnovation #bn [...]