Les directions innovation ont-elles vraiment le vent en poupe ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

Les directions innovation ont-elles vraiment le vent en poupe ?

Le 21/03/2014 | Entreprise Management |

Billet Publié le 15 janvier 2014 sur usinenouvelle.com

Sur les graphes pas de doute. Les directions innovation prennent du galon et sont bien au cœur des stratégies des entreprises… qui en ont une. Car l’enquête réalisée par le cabinet conseil Act One en partenariat avec HEC, se base sur 64 questionnaires de responsables innovation dans… 20 pays. Soit, en moyenne, à peine plus de trois réponses par pays. Suffisant pour dire que les directions innovation ont le vent en poupe dans les entreprises ? Peut-être pas.

Ceci dit, les résultats de l’enquête, qui avait été menée une première fois en 2010, sont riches d’enseignement sur les attentes et mission de ces encore rares directions de l’innovation. Ainsi leur principal objectif n’est plus tant de créer de nouveaux produit et services (encore 79%) que d’augmenter la compétitivité et la différenciation de l’entreprise (84%). Mais elles doivent aussi encore plus améliorer la performance de l’entreprises (71% en 2013 contre 56% en 2011) et motiver les équipes (72% en 2013, contre 44% en 2010).

Pour remplir ces nouvelles missions leur budget aurait augmenté en moyenne de 50% et leur effectif de 12,2% en 2013 et devrait encore booster respectivement de 10% et 14% en 2014.

Surtout, ces directeurs innovation seraient désormais 19% à signer au comité de direction contre 10 en 2010, lorsque pour la plupart la fonction a été créée… Espérons qu’ils ne subiront pas le même sort que leurs prédécesseurs directeur e-business, dont ils partagent finalement les mêmes défis et les mêmes difficultés en interne, dès lors qu’il s’agit de pousser une organisation à changer.

mar 21

L’emploi est-il le bon indicateur d’une politique publique d’innovation ?

Politique |

Billet publié le 18 décembre 2013 sur Usinenouvelle.com

Suis-je bête. Si Fleur Pellerin, Arnaud Montebourg et Geneviève Fioraso n’avaient pas fixé d’objectifs clairs à leurs 40 mesures pour l’innovation, c’est parce qu’ils étaient évidents. Et ils se résument en un mot : emploi. C’est du moins ce que m’a expliqué Bruno Sportisse, directeur adjoint du cabinet de Fleur Pellerin.

La création d’emplois et l’augmentation du chiffre d’affaires des entreprises seraient même les deux uniques indicateurs que la nouvelle commission d’évaluation des politiques publiques d’innovation utilisera pour évaluer l’efficacité des dispositifs et multiples structures d’aide à l’innovation : pôles de compétitives, SATT, IRT, ITE, institut Carnots, mais aussi on peut l’espérer, programme Nova de la Bpifrance (qui reprend l’a mission d’Oséo, ex. Anvar), programmes d’investissements d’avenir, grand concours national d’innovation, et bien sûr statut fiscal jeune entreprise innovante, crédit impôt recherche et son petit frère crédit impôt innovation. J’en oublie sûrement.

Oubliés donc le nombre de brevets déposer ou l’intensité de R&D (pourcentage du PIB ou du chiffre d’affaires consacré à la R&D) pour évaluer l’innovation en France. C’est sûrement une bonne chose. Même si ce sont les indicateurs retenus par les cabinets conseil comme Booz&Co pour ThomsonReuters pour classer les entreprises et les organismes et par conséquent l’aune à laquelle se comparent les pays. De fait brevets et intensité R&D ne donne souvent qu’une évaluation de l’innovation technologique. Et surtout n’indiquent en rien son impact économique.

Pour mesurer cet impact, les entreprises évaluent de plus en plus le chiffre d’affaires réalisé par des produits lancés, suivant les cas, depuis moins de 5, 4 voire 3 ans.

Au niveau d’un écosystème ou d’un pays, il est aussi nécessaire de comptabiliser le nombre d’entreprises innovantes créées et leur survie, non pas à 5 ans, mais surtout 10 ans (ce qui est impossible à trouver), ainsi bien que leur part à l’export. Les montants de capital-risque qu’elles ont réussi à lever (et pas uniquement ce que les fonds français ont investi) sont aussi un bon indicateur de l’efficacité des politiques publiques d’innovation.

Mais l’emploi est-il un bon indicateur d’innovation ? L’écosystème considéré comme le plus innovant dans le monde, la Silicon Valley, a détruit beaucoup plus d’emploi qu’il n’en a créé. Est-ce propre au numérique ? Peut-être. Mais c’est aujourd’hui dans ce domaine transverse, ainsi que dans celui de la santé que doit se concentrer l’innovation. Mesurer l’efficacité d’une politique au nombre d’emploi créé est donc sûrement politiquement cohérent, mais économiquement dangereux, surtout sur le court terme.



nov 15

La « nouvelle donne pour l’innovation » ne manque-t-elle pas d’un bon design ?

Design Numérique Politique Stratégie | Mots clés:

L’art – la politique – est difficile. La critique est facile. N’empêche. Présenter une « nouvelle donne pour l’innovation » sans prononcer le mot numérique, sans commencer par dire que, puisse que l’on est entré dans une nouvelle ère sociale et économique, il faut aussi changer de politiques d’innovation, industrielle, culturelle, scientifique… est compréhensible. Et même si parmi les 40 mesures (des actions à mener, plutôt) alignées par trois ministres pour mettre en œuvre cette nouvelle politique, certaines marquent effectivement la volonté d’aborder le problème autrement (120 millions d’euros réservés à des appels à projets pour l’innovation non technologique, 20 millions pour une nouvelle pédagogie de l’innovation ou le plan Nova de BPI France), les autres mesures ne cherchent qu’à combler les lacunes du cancre France (pour l’évaluation des politiques menées, en termes de financement et de croissance des entreprises innovantes, en matière de valorisation de la recherche ou de solidarité nationale). « On a coupé la partie numérique du discours (de Fleur Pellerin) pour faire plus court, justifie un conseiller. Mais elle en parle dans l’interview qu’elle a accordée au Monde en réponse à une question du journaliste. » Un comble, pour une ministre déléguée à l’Innovation, aux PME et à l’économie numérique.
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oct 31

Trop d’écosystèmes d’innovation en France ?

Cluster Entreprise Pôles de compétitivité |

Soutenir les écosystèmes d’innovation en France serait, selon La Tribune, une des trois priorités de Jean-Marc Ayrault en matière de politique nationale d’innovation. Informées, ou sentant juste le vent venir, quatre des multiples structures soutenant ces écosystèmes, en l’occurrence CapinTech, le Club des Pôles Mondiaux, France Clusters et RETIS – qui représentent plus de 15 000 entreprises,  laboratoires publics, financeurs privés, incubateurs, CEEI (Centre Européens d’Entreprises Innovantes), technopoles, grappes d’entreprises et pôles de compétitivité français- ont annoncé, le 23 octobre, la création d’une plate-forme d’innovation pour coordonner leurs actions.
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oct 25

La France a-t-elle besoin d’une politique nationale de design ?

Culture Design Politique | Mots clés:

La France a-t-elle besoin d’une politique de design spécifique, indépendante d’une grande stratégie d’innovation ? Alain Cadix, ancien directeur d’écoles consulaires et de l’ENSCI-Les Ateliers chargé de la mission design, a l’air de le penser. Le 15 octobre dernier il a remis à Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, un mémoire intitulé « Pour une politique nationale de design ». La réponse formelle, mais pas définitive, à la mission design qu’il lui a été confiée visant à promouvoir en France le design comme élément de compétitivité.
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oct 25

A quoi sert le collège des designers ?

Culture Design Politique |

A la suite du premier Rendez-vous du design, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication, ont nommé Alain Cadix capitaine d’une équipe de France du design, lui confiant mission de la constituer et de définir un plan d’action pour changer la culture design en France. C’est chose faite. La présentation de l’équipe n’a pas été très officielle, mais la liste des 22 designers qui composent le désormais “Collège des designers”, figure en préambule du mémoire “Pour une politique nationale de design”, qu’Alain Cadix a remis, là très officiellement, lors des deuxième rendez-vous du design, le 15 octobre, aux deux ministres qui le lui avait commandé.
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oct 22

Denis Olivennes a-t-il vraiment tout compris au numérique ?

Numérique Propriété intellectuelle |

Face à la rupture radicale que représente internet, notamment pour les médias, le président du directoire de Lagardère Active s’apprête à céder la moitié des titres de presse du groupe. Une stratégie à la hauteur ?

« Ma stratégie est de concentrer nos investissements sur une dizaine de titres qui sont leaders de leur catégorie et ont une forte capacité de développement numérique » explique Denis Olivennes, président du directoire de Lagardère active, dans une interview accordée au journal Le monde, suite à l’annonce de la mise en vente de dix des vingt titres de presse magazine du groupe. Selon lui face à la rupture radicale que représente  internet pour les médias, « la presse est au bord de l’infarctus et doit mettre en œuvre des thérapies de choc. »

La propriété intellectuelle en question

Et les thérapies face à la déferlante numérique, Denis Olivennes connait. Il vient même de publier un texte sur “l’avenir de la propriété intellectuelle” à l’heure du numérique, dans Les Carnets des dialogues du matin de l’Institut Diderot, un think-tank d’assureurs.
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oct 11

Ne fallait-il que des designers dans l’équipe de France de Design ?

Design Politique | Mots clés:

Malgré 10 à 20 ans d’effort de l’APCI (Agence pour la promotion de la création industrielle) et son Observeur du design, du VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), de l’institut français du design ou de la Cité du design de Saint-Etienne et récemment du Lieu du Design à Paris, l’idée du design en France reste désespérément liée aux objets et meubles d’édition. « Que faire de différent pour qu’en 2025 ou 2030, on n’en soit pas encore à dire la même chose ? », s’est donc interrogé Alain Cadix (ex directeur de l’École ENSCI-les Ateliers) pour mener à bien la mission design que lui ont confié Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg. Et surtout comment ?
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