L’Académie des sciences a-t-elle vraiment le sésame du numérique à l’école ? : Le blog Innovation de L'Usine Nouvelle, par la journaliste Aurélie Barbaux

L’Académie des sciences a-t-elle vraiment le sésame du numérique à l’école ?

Le 15/05/2013 | Numérique | Mots clés:

Autant dire que c’est une surprise.   Bonne ? Pas Sûr. L’Académie des sciences vient de publier un rapport intitulé « l’enseignement de l’informatique à l’école »  et sous-titré « Â Il est urgent de ne plus attendre ». En résumé, puisque le gouvernement a bien mis dans sa feuille de route numérique et sa réforme de l’école,  la nécessité de former enseignants et élèves au numérique, mais sans donner la méthode, l’Académie des Sciences s’y attèle. Elle propose, une « sensibilisation »  à l’école primaire (en utilisant des ordinateurs ou de façon « débranchée » !!!), « un matériau didactique abondant et de qualité est d’ores et déjà disponible», affirme le rapport ; les élève devront ensuite acquérir leur autonome en informatique  au collège, via une initiation à la programmation ; et un perfectionnement au lycée. Assez classique, mais peut-être pas très ambitieux.

Reste que, pour la formation des enseignants… le rapport sèche autant que le gouvernement, renvoyant à la création de module spécifique dans les nouvelles  ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) pour les professeurs des écoles et à un recrutement « alignés sur ceux des autres disciplines de  l’enseignement secondaire », pour les autres. Facile à écrire. Beaucoup plus difficile à faire. Et c’est sans parler du supérieur.

Et attention, ne pas mélanger informatique et numérique. « Â  Le mot « informatique » désignera spécifiquement la science et la technique du traitement  de l’information, et, par extension, l’industrie directement dédiée à ces sujets  », explique le rapport. Le « numérique », lui, n’est qu’un adjectif, qui  » peut être accolé à toute activité fondée sur la numérisation et le  traitement de l’information  » .

Le numérique n’est  donc pas une science… pour l’Académie. Et apparemment, il ne risque pas de le devenir. « Si elle est indispensable et contribue à réduire la fracture numérique, l’éducation aux pratiques numériques par les seuls usages des logiciels, ordinateurs et réseaux, n’a pas de réel apport en termes d’éducation à la science informatique », prévient le rapport.  Il ne faudrait donc pas enseigner  le numérique.

Bon, mais quoi enseigner si l’on ne veut pas encore se retrouver avec une horde de nouveaux cobolistes pointant à pôle Emploi ? Et comment ? Ce n’est apparemment pas dans ce rapport que l’on va le trouver. En revanche l’Académie des sciences se propose : une discussion sur la nature et les impacts de l’informatique ; une proposition de finalités de l’enseignement de l’informatique ; une esquisse de curriculum pour le premier et le second degré ; des éléments sur la formation et le statut des enseignants d’école, collège et lycée ; un regard sur l’enseignement de l’informatique dans le monde ;  des recommandations à l’horizon 2020.

Concrètement.  Pour nos académiciens, l’enseignement de l’informatique, quel qu’en soit le niveau devra : « Ã©quilibrer théorie et expérimentation », « relier l’informatique au monde réel et aux autres disciplines » et « garantir la pérennité des contenus ». Là, on apprend que ce bon vieux langage Lips avait du bon… et que,   »Même si nous enseignons la programmation en utilisant un langage particulier, ce qui semble inévitable, il faut que cet enseignement soit suffisamment général et souple pour qu’il permette aux élèves d’apprendre ensuite d’autres langages par eux-mêmes. » On ne peut être que d’accord. Tout comme sur le fait, qu’un enseignement de l’informatique ne peut en aucune façon se résumer à celui de ses usages – traitement de texte, tableur, navigateur, etc. –  Mais alors quoi ? Le rapport donne bien quelques indications sur les notions à acquérir au primaire (l’informatique résout des problèmes), au collège (comment marche internet et pourquoi le téléchargement illégal c’est mal) et au lycée (commencer à apprendre à écrire un programme). Rien de très interactif en tout cas.

Ensuite Le benchmark avec l’étranger se imite à l’Europe (et encore), avec un petit détour par Israël, l’Asie en général via l’Afrique !

Mais de préconisations pour 2020, point de traces. Encore un rapport pour donner des leçons, mais pas apporter de solution. Dommage.

avr 26

La « condition numérique » est-elle déjà définitive ?

Numérique |

Aucune thèse dans « La Condition Numérique », l’essai de Jean-François Fogel et Bruno Patino paru en avril 2013 chez Grasset. En revanche se dégage une idée, celle que les dés de la révolution numérique sont désormais joués. Vraiment ?

Il y a les livres qui marquent une rupture. D’autres non.  »La condition numérique », un essai de Jean-François Fogel et Bruno Patino, paru chez Grasset, fait parti des seconds. Leur analyse de la transformation de la société sous l’effet d’internet est pourtant fort léchée, argumentée et documentée. Mais, aucune thèse ne vient grandir le lecteur, sauf peut-être celle que… les visionnaires, qu’ils invoquent, avaient raison. Et ils sont nombreux : Marshall McLuhan, William Gibson, Pierre Teilhard de Chardin, Jean Baudrillard, Vladimir Nabokov, Arthur C. Clarke, Jules Verne…
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avr 26

Avec Voyages-sncf.com, la France n’a-t-elle pas déjà son géant du Net ?

Numérique | Mots clés:

Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’industrie a beaucoup à apprendre de Voyages-SNCF.com et de son directeur général Yves Tyrode. Peut-être presque autant que de Apple à la grande époque, ou que d’un Jeff Bezos, patron d’Amazon. Pourquoi ? Parce que Voyages-SNCF.com a beau être une agence de voyage en ligne comme tant d’autres, un pur player du net, l’entreprise est exemplaire dans sa démarche de l’adaptation à la révolution numérique en cours.
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avr 22

Le rapport Beylat-Tambourin peut-il vraiment faire progresser l’élève France ?

Culture Politique Recherche Stratégie | Mots clés:

Peut mieux faire. Qu’elles que soient les politiques publiques françaises en matière d’innovation, la France reste un élève moyen. Pas un cancre. Juste moyen. 11e européen et 16e mondial. Pour la sixième économie mondiale c’est faible. L’innovation n’est vraiment pas (plus ?) le fort des Français. Et ce n’est pas le rapport Tambourin-Beylat, commandé par le gouvernement qui va aider à changer la donne.

Pourtant, le rapport « L’innovation un enjeu majeur pour la France » pointe bien la complexité de la matière. Il identifie les lacunes. Et Propose, comme tout bon rapport, son lot de leçons pour tenter de les combler.
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avr 11

Les classements brevets sont-ils des trompe- l’œil ?

Propriété intellectuelle | Mots clés:

PSA – CEA – Safran, c’est le tiercé  2013 des déposants de brevets français. Enfin, c’est le classement des entreprises qui ont eu le plus de brevets, déposés en 2010-2011, publiés en 2012. Le groupe automobile français a même surperformé, avec 1348 brevets publiés, contre 1237 en 2010. Le CEA a aussi augmenté de 4% sa performance brevets, délogeant Safran, qui  avait atteint la 2e place l’année dernière, profitant notamment d’un décrochage de Renault.  Ce dernier, alors relégué à la 10e place, en a regagné 2.
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avr 11

Une énième commission sur l’innovation, même de rupture, est-ce bien raisonnable

Culture Politique Stratégie | Mots clés:

Est-ce bien raisonnable. Jean-Marc Ayrault a annoncé la création d’une commission innovation 2030 lors d’un déplacement à Tour le 8 avril dernier. En pleine crise politique, l’annonce est passée inaperçue. Tant mieux ?

C’est à se demander si Jean-Marc Ayrault y croit vraiment, à l’innovation. Alors que ses ministres, Arnaud Montebourg, Geneviève Fioraso et Fleur Pellerin en tête, se démènent pour essayer de donner une culture d’innovation à la France. Et qu’ils enchaînent, qui une liste de 15 mesures pour donner une culture de la valorisation aux chercheurs, qui une culture de l’innovation aux acheteurs, publics (rendez-vous le 11 avril à Bercy), qui l’animation d’improbables show de produits innovants, pour montrer aux autres que c’est possible, le Premier ministre, lui, annonce… une commission sur l’innovation de rupture ! Baptisé Innovation 2030, il en a confié la présidence à Anne Lauvergeon, l’ancienne PDG d’Areva.
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avr 03

La loi Fioraso simplifie-t-elle vraiment quelque-chose ?

Politique Recherche | Mots clés:

Présenté en Conseil des Ministres le 20 mars dernier, débattu à l’Assemblée avant l’été, le projet de loi d’orientation pour l’enseignement supérieur et la recherche de Genevière Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le projet de loi d’orientation pour la recherche et l’enseignement supérieur  a de grandes ambitions :  » élever le niveau de qualification en diplômant 50 % d’une génération, et préserver la recherche tout en favorisant chaque fois que possible sa transformation en emplois « . Il se décline en 20 mesures : 9 pour la réussite des étudiants, 5 pour réformer la recherche, 4 pour décloisonner et 2 pour ouvrir le système à l’Europe et à l’international, auxquelles il faut ajouter des mesures connexes, hors loi, souvent déjà lancées.
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mar 27

Pourquoi ce goût amer après l’édition française du MIT TR Innovators – 35 ans ?

Non classé | Mots clés:

Alors que le MIT TR35 (prix MIT Technology review Innovateurs de moins de 35 ans) existe depuis 12 ans aux Etats-Unis. Qu’il existe depuis plusieurs années dans d’autres pays. Pourquoi a-t-il fallu attendre 2013 pour avoir une édition française ? Soutenue par l’Atelier BNP Paribas, Alcatel-Lucent et Microsoft, cette première mouture a en tout cas eu les honneurs de la présence de Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche pour la remise des deux prix spéciaux dévoilés le 26 mars, dans les locaux de BNP-Paribas.: le prix de l’Innovateur de l’année a été décerné à David Fattal, (33 ans) chercheur au HP Labs, pour sa technologie d’images 3D sans lunettes pour mobiles ; le prix de l’Innovateur Solidaire de l’Année a lui été remis à Pierre-Emmanuel Grange (34 ans) pour son service de microDon, sur ticket de caisse ou salaire.
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