Autant dire que c’est une surprise.  Bonne ? Pas Sûr. L’Académie des sciences vient de publier un rapport intitulé « l’enseignement de l’informatique à l’école »  et sous-titré «  Il est urgent de ne plus attendre ». En résumé, puisque le gouvernement a bien mis dans sa feuille de route numérique et sa réforme de l’école,  la nécessité de former enseignants et élèves au numérique, mais sans donner la méthode, l’Académie des Sciences s’y attèle. Elle propose, une « sensibilisation »  à l’école primaire (en utilisant des ordinateurs ou de façon « débranchée » !!!), « un matériau didactique abondant et de qualité est d’ores et déjà disponible», affirme le rapport ; les élève devront ensuite acquérir leur autonome en informatique  au collège, via une initiation à la programmation ; et un perfectionnement au lycée. Assez classique, mais peut-être pas très ambitieux.
Reste que, pour la formation des enseignants… le rapport sèche autant que le gouvernement, renvoyant à la création de module spécifique dans les nouvelles  ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) pour les professeurs des écoles et à un recrutement « alignés sur ceux des autres disciplines de l’enseignement secondaire », pour les autres. Facile à écrire. Beaucoup plus difficile à faire. Et c’est sans parler du supérieur.
Et attention, ne pas mélanger informatique et numérique. «  Le mot « informatique » désignera spécifiquement la science et la technique du traitement de l’information, et, par extension, l’industrie directement dédiée à ces sujets », explique le rapport. Le « numérique », lui, n’est qu’un adjectif, qui » peut être accolé à toute activité fondée sur la numérisation et le traitement de l’information » .
Le numérique n’est  donc pas une science… pour l’Académie. Et apparemment, il ne risque pas de le devenir. « Si elle est indispensable et contribue à réduire la fracture numérique, l’éducation aux pratiques numériques par les seuls usages des logiciels, ordinateurs et réseaux, n’a pas de réel apport en termes d’éducation à la science informatique », prévient le rapport.  Il ne faudrait donc pas enseigner  le numérique.
Bon, mais quoi enseigner si l’on ne veut pas encore se retrouver avec une horde de nouveaux cobolistes pointant à pôle Emploi ? Et comment ? Ce n’est apparemment pas dans ce rapport que l’on va le trouver. En revanche l’Académie des sciences se propose : une discussion sur la nature et les impacts de l’informatique ; une proposition de finalités de l’enseignement de l’informatique ; une esquisse de curriculum pour le premier et le second degré ; des éléments sur la formation et le statut des enseignants d’école, collège et lycée ; un regard sur l’enseignement de l’informatique dans le monde ;  des recommandations à l’horizon 2020.
Concrètement.  Pour nos académiciens, l’enseignement de l’informatique, quel qu’en soit le niveau devra : « équilibrer théorie et expérimentation », « relier l’informatique au monde réel et aux autres disciplines » et « garantir la pérennité des contenus ». Là , on apprend que ce bon vieux langage Lips avait du bon… et que,  »Même si nous enseignons la programmation en utilisant un langage particulier, ce qui semble inévitable, il faut que cet enseignement soit suffisamment général et souple pour qu’il permette aux élèves d’apprendre ensuite d’autres langages par eux-mêmes. » On ne peut être que d’accord. Tout comme sur le fait, qu’un enseignement de l’informatique ne peut en aucune façon se résumer à celui de ses usages – traitement de texte, tableur, navigateur, etc. –  Mais alors quoi ? Le rapport donne bien quelques indications sur les notions à acquérir au primaire (l’informatique résout des problèmes), au collège (comment marche internet et pourquoi le téléchargement illégal c’est mal) et au lycée (commencer à apprendre à écrire un programme). Rien de très interactif en tout cas.
Ensuite Le benchmark avec l’étranger se imite à l’Europe (et encore), avec un petit détour par Israël, l’Asie en général via l’Afrique !
Mais de préconisations pour 2020, point de traces. Encore un rapport pour donner des leçons, mais pas apporter de solution. Dommage.














