Microsoft ouvre de « vraies » boutiques : Les technologies de l’information sont en perpétuel mouvement. Patrice Desmedt, chef du service high-tech de L’Usine Nouvelle, vous fait partager ses découvertes numériques et décrypte celles qui vont changer l’économie.

Postes comportant le mot clé ‘Microsoft’

oct 19

Microsoft ouvre de « vraies » boutiques

Informatique | Mots clés:

Microsoft Store« Nous allons ouvrir plusieurs magasins, car il est important d’avoir un contact direct avec le consommateur ». Le propos de Steve Ballmer, PDG de Microsoft, est sans ambiguïté. A l’heure du tout numérique et de l’Internet triomphant, Microsoft, le premier éditeur de logiciels mondial, met sur pied, pour la première fois, son propre réseau de distribution. Le logo « Microsoft Store » ne sera plus réservé aux achats sur Internet…

On pourra bien sûr remarquer qu’un autre champion de l’informatique, Apple, a depuis longtemps ouvert la voie. C’est vrai, mais il serait absurde d’analyser la décision de Microsoft comme étant une politique suiviste face à un concurrent novateur. Steve Ballmer a pris cette décision parce qu’il pense bénéfique pour les affaires de sa société de posséder des points de vente en propre.

Cela m’amène à une double réflexion.

-        D’abord, la prédominance que garde le contact humain. A l’heure où n’importe qui peut « gazouiller » à tous ses « suiveurs » qu’il va aux toilettes, où des robots intelligents peuvent analyser des millions de blogs pour faire remonter les plus pertinents, où le e-commerce progresse à pas de géant, la décision de Microsoft a quelque chose de réconfortant. Pour le roi du logiciel (un produit qui se prête admirablement à la vente en ligne en téléchargement), le contact direct avec le client semble irremplaçable.

-        Ensuite, comment ces « Microsoft Stores » vont-ils être perçus par les réseaux de revendeurs de l’éditeur, dont ils constituent l’un des points forts ? N’apporteraient-ils pas un service d’une qualité suffisante ? Ils ont pourtant participé au succès de Microsoft…


sep 21

Les marques high-tech gardent la forme

Electronique Informatique | Mots clés:

Classement des marquesTrois marques parmi les cinq premières, cinq parmi les dix premières. Les entreprises du secteur high-tech caracolent en tête du classement annuel des marques réalisé par Interbrand. Cette société de conseil en stratégie a élaboré son propre cocktail, le « Brand Valuation », pour évaluer la valeur d’une marque.

Alors que pour la première fois la valeur du top 100 baisse de 4,6%, le secteur de la high-tech tire son épingle du jeu. Derrière l’inamovible Coca-Cola, IBM conserve sa deuxième place et, avec une progression de sa valeur de 4%, creuse l’écart avec le troisième, Microsoft (- 4%). Nokia, quatrième, résiste (-3%) et est talonné par… McDonald’s (+4% et un gain de deux places, ragaillardi par ses salades…). En septième position, Google cartonne avec la plus forte hausse du top 100, +25%, qui lui fait gagner trois places. Intel, en revanche, passe de la septième à la neuvième place (-2%). Amazon, enfin, avec +22%, marque la deuxième plus forte hausse et fait un bon de quinze places.

Comme dans tous les secteurs, les sociétés des technologies de l’information et de la communication ont subi la crise. Les progressions spectaculaires, courantes les années précédentes, se sont faites plus rares. Mais globalement, par leur dynamisme, elles ont bien résisté. Elles restent, plus que jamais, les indispensables partenaires des entreprises qui veulent améliorer leur efficacité.


jui 09

Tout ce qui brille n’est pas d’or

Informatique | Mots clés:

or1Google astique les chromes de son arme anti-microsoft. L’annonce, sur le blog de l’entreprise, du système d’exploitation Google Chrome OS déclenche les passions. Le quotidien Libération en fait sa « une », on parle sur les sites web d’arme anti-Microsoft, voire de « véritable bombe atomique ». Rien de moins !

Je ne partage pas cet enthousiasme. Que Google nourrisse de grandes ambitions, c’est certain. Que le nouveau roi de l’internet veuille capitaliser sur son avantage pour prendre des parts de marché à Microsoft l’est tout autant. Que le cloud computing, qui se cache en filigrane, soit le sens de l’histoire, j’en conviens. Mais il faut raison garder.

Google annonce un système qui repose sur un noyau Linux. Le choix est logique et judicieux. Les qualités du système d’exploitation libre sont reconnues et la communauté des développeurs importante. Il n’empêche qu’après de nombreuses années, Linux reste, dans la plupart des entreprises, cantonné à certains types d’applications et qu’il n’a jamais percé sur le poste client. Dernier épisode en date, l’arrivée des netbooks ou mini-PC. Les premiers modèles étaient sous Linux. Très vite, Microsoft a donné une seconde vie à Windows XP et désormais plus de 80% des netbooks vendus le sont sous XP, malgré un prix de vente légèrement supérieur. Google cible, dans un premier temps, ces mêmes notebooks. Rendez-vous dans dix-huit mois pour faire les comptes. Je suis prêt à parier que Chrome OS ne fera qu’écorner XP. Parce que les utilisateurs « normaux » n’aiment pas le changement : ils se sont, tant bien que mal, habitués à une logique et à une interface. Ils ne changeront pas facilement. Parce que la bibliothèque d’applications sous Windows est riche et facilement identifiable. Enfin, parce que les applications pour Google Chrome OS seront, si j’ai bien compris, accessibles en ligne. Ce qui signifie l’obligation de travailler en permanence connecté à Internet. J’oubliais l’aspect irrationnel. Microsoft n’est pas (ou n’est plus) « aimé » parce qu’il est trop fort et qu’il en abuse. Et Google prend de plus en plus un air de Big Brother capable de tenir en ses mains toutes les informations sur les utilisateurs.

Ma position peut se discuter. Philippe Weppe, directeur général de Risc Group avec qui je déjeunais ce midi n’a pas manqué de me rappeler que le cloud computing représente l’informatique de demain. En recentralisant les données, il en assure la sécurité et l’accès à tout moment en tout lieu. Le futur poste de travail est un simple terminal d’accès à internet. Il a bien sûr raison. Mais à quelle échéance ? Le marché du cloud, en fait aujourd’hui du SaaS (software as a service) ne représente que 2% de l’ensemble de l’informatique. Il faudra encore de longues années pour que la majorité des entreprises souscrivent au concept. D’ailleurs, Google parle uniquement des netbooks, utilisés majoritairement par le grand public. D’ici à ce qu’une autre version de Chrome OS vienne titiller Windows dans l’entreprise, l’eau aura coulée sous les ponts. Pardon, Microsoft se sera mis en ordre de marche pour trouver une parade. Finalement, n’est pas là la meilleure nouvelle ? La concurrence est bénéfique !


mar 31

Encarta victime de Wikipedia

Economie Informatique | Mots clés:

encartaTout un symbole. Microsoft annonce l’arrêt de son encyclopédie Encarta. Elle est, sans conteste, victime de la masse d’informations gratuites que l’on trouve sur Internet. Principalement sur Wikipedia, l’encyclopédie gratuite et collaborative, où chacun peut enrichir le contenu. Lancée en 1993 sur CD Rom, Encarta avait su prendre sa place à côté de l’encyclopédie Universalis, qui avait tardé à réaliser sa mue vers l’électronique.

Moins complète, mais plus accessible et surtout beaucoup moins chère, Encarta convenait à tous. Bien sûr, Microsoft avait ensuite profité d’Internet pour augmenter les contenus et assurer la mise à jour. Les hérauts du libre crieront probablement victoire. Je suis plus partagé. Le côté participatif de Wikipedia est certes séduisant et efficace. Mais il laisse des « blancs » et l’on peut s’interroger sur l’efficacité de l’autocontrôle assuré par la communauté. Il y a quelques années, une étude avait montré que les plus gros contributeurs n’étaient autres que les services secrets américains et le Vatican. Leur impartialité est-elle à la hauteur de leur compétence ?