Retour aux sources : Les technologies de l’information sont en perpétuel mouvement. Patrice Desmedt, chef du service high-tech de L’Usine Nouvelle, vous fait partager ses découvertes numériques et décrypte celles qui vont changer l’économie.

Postes comportant le mot clé ‘IBM’

nov 19

Retour aux sources

Informatique | Mots clés:

system_z_hero_cloud_900x300La récente annonce par IBM du lancement du ” plus grand environnement de cloud privé au monde ”  m’a d’abord, je dois l’avouer, inspiré un certain sarcasme. Cela ressemblait à un défi de cours d’école de garçons… Objectivement, quel est l’intérêt d’avoir le plus grand cloud du monde ? Un petaoctet (un million de gigaoctets), c’est effectivement impressionnant, mais les clients d’IBM – si aujourd’hui le service est destiné aux 200 000 collaborateurs de la compagnie, l’arrière-pensée est évidente – veulent d’abord un service efficace et de qualité. Peu importe, finalement, la taille de l’infrastructure.

Mais à la réflexion, je tire un double enseignement de cette annonce.

C’est d’abord un nouveau signe fort de l’importance qu’est en train de prendre l’informatique externalisée. En à peine plus d’un an, le cloud computing est passé du rang de concept un peu fumeux à celui de tendance forte – et à mon avis inéluctable – de l’informatique.

C’est ensuite un retour aux sources. Les ordinateurs choisis pour cette infrastructure sont des System Z, autrement dit les bons vieux gros ordinateurs dont on a maintes fois annoncé la mort. Ils ont bien sûr évolué, mais les System Z sont bien les descendants des dinosaures de l’informatique. Avec leur puissance de calcul, leur capacité à gérer simultanément de très nombreux accès, leur aptitude à la virtualisation, ils ne manquent pas d’atouts. Après la phase de décentralisation à outrance provoquée par le succès de la micro-informatique, voici venir le temps de la recentralisation et le retour à une sorte de « time sharing », quand la puissance de calcul des premiers ordinateurs étaient louée, les entreprises n’ayant pas forcément les moyens d’acheter ces très coûteuses machines. Un retour aux sources rendu possible par Internet et les connexions à haut débit. Etonnant et logique tout à la fois.


sep 21

Les marques high-tech gardent la forme

Electronique Informatique | Mots clés:

Classement des marquesTrois marques parmi les cinq premières, cinq parmi les dix premières. Les entreprises du secteur high-tech caracolent en tête du classement annuel des marques réalisé par Interbrand. Cette société de conseil en stratégie a élaboré son propre cocktail, le « Brand Valuation », pour évaluer la valeur d’une marque.

Alors que pour la première fois la valeur du top 100 baisse de 4,6%, le secteur de la high-tech tire son épingle du jeu. Derrière l’inamovible Coca-Cola, IBM conserve sa deuxième place et, avec une progression de sa valeur de 4%, creuse l’écart avec le troisième, Microsoft (- 4%). Nokia, quatrième, résiste (-3%) et est talonné par… McDonald’s (+4% et un gain de deux places, ragaillardi par ses salades…). En septième position, Google cartonne avec la plus forte hausse du top 100, +25%, qui lui fait gagner trois places. Intel, en revanche, passe de la septième à la neuvième place (-2%). Amazon, enfin, avec +22%, marque la deuxième plus forte hausse et fait un bon de quinze places.

Comme dans tous les secteurs, les sociétés des technologies de l’information et de la communication ont subi la crise. Les progressions spectaculaires, courantes les années précédentes, se sont faites plus rares. Mais globalement, par leur dynamisme, elles ont bien résisté. Elles restent, plus que jamais, les indispensables partenaires des entreprises qui veulent améliorer leur efficacité.


jui 20

Vers les dix petaflops !

Informatique Technologie | Mots clés:

fujitsuL’informatique a beau nous avoir habitués à la valse des performances, l’annonce du japonais Fujitsu ne peut laisser indifférent. Alors que la barrière du petaflop n’a été que récemment atteinte, voici que les supercalculateurs s’apprêtent à faire dix fois mieux. D’accord, il faudra attendre 2012. Mais tout de même. 10 puissance 16 opérations par seconde (10 millions de milliards), cela commence à dépasser l’entendement. Actuellement, le numéro un du « top 500 », le classement des supercalculateurs, est le Roadrunner d’IBM, annoncé en 2006 et mis en place en 2008. Il avait été le premier a avoir atteint le petaflop, rejoint depuis par le numéro deux du classement, le Jaguar de Cray.

L’annonce de Fujitsu est porteuse de deux enseignements. D’abord, dans le domaine des supercalculateurs, la « loi » de Moore, qui prédit un doublement de la puissance tous les 18 à 24 mois, est toujours d’actualité. La réalité la dépasse même ! Ensuite, après des années de suprématie américaine, avec le règne d’IBM, les japonais reprendraient la tête du Top 500. Le conditionnel restant de mise, IBM pouvant garder un atout dans sa manche.

Au-delà le l’aspect « vainqueur du Tour de France », cette course à la puissance reflète l’importance de disposer en toute indépendance de supercalculateurs capables d’effectuer des simulations de haut niveau, indispensables dans de nombreux secteurs de la recherche.

Le dernier Top 500, publié au mois de juin 2009, place neuf américains aux neuf premières places. Le premier européen, Bull, est dixième et le premier japonais, Fujitsu, vingt-huitième. Loin derrière le premier Chinois, Dawning, quinzième. Manifestement, le Japon veut regagner une suprématie perdue.


jui 10

IBM casse les traditions

Informatique | Mots clés:

logos-dibm2Incroyable ! J’aurais presque pris l’information pour un canular. Mais non, elle est officielle. IBM modifie son logo. Le design des trois lettres aux huit barres noires avait été réalisé en 1957 par Raul Rand, un célèbre graphiste américain. 52 ans plus tard, IBM fait preuve d’une folle audace et colorie les caractères. « La nouvelle charte graphique illustre l’engagement d’IBM à apporter des solutions d’innovation et de transformation pour aider à construire, avec ses partenaires, un monde plus intelligent » explique le communiqué officiel. Pour être franc, j’avais pu constater des signes avant-coureurs. J’ai récemment rencontré un membre de la direction d’IBM France qui portait une chemise à rayures !

Plus sérieusement, le nouveau cheval de bataille marketing d’IBM, le « smart computing », n’est pas qu’un slogan en phase avec l’air du temps. « L’informatique à la demande » semblait aussi, lors de son lancement, ressemblait également à une pure campagne publicitaire. Finalement, avec la tendance inéluctable vers une informatique accessible sous forme de services, on comprend aujourd’hui que « Big Blue » avait eu raison avant tout le monde.


mar 19

Vers la fin d’un fulgurant novateur ?

Economie Initiatives | Mots clés:

sunL’indiscrétion, publiée par le Wall Street Journal, n’est pas passée inaperçue. IBM aurait fait une proposition de rachat à Sun pour la somme de 6,5 milliards de dollars. Ma première réaction a été : c’est un innovateur qui disparaît.

Tous les spécialistes vont épiloguer sur les raisons d’IBM et sur ce que cette hypothétique acquisition lui apporterait. Je retiens d’abord la – possible – fin d’une société d’ingénieurs, qui avait popularisé la station de travail, développé l’un des meilleurs Unix du marché et inventé Java. Et, surtout, synthétisé dans son slogan « The network is the computer » une fulgurante vision de l’avenir, à l’époque où Internet n’était qu’un réseau pour universitaires. Il n’est pas souvent bon d’être un ingénieur visionnaire et d’avoir raison trop tôt.

Si la transaction va au bout, Sun aura au moins la satisfaction d’être avalé par Le grand pionnier, qui a su conserver avec une admirable constance une capacité d’innovation et d’adaptation. C’est toujours mieux que de tomber dans l’escarcelle d’un cow-boy texan, comme cela avait été le cas quand Compaq s’était offert Digital.