La récente annonce par IBM du lancement du ” plus grand environnement de cloud privé au monde ” m’a d’abord, je dois l’avouer, inspiré un certain sarcasme. Cela ressemblait à un défi de cours d’école de garçons… Objectivement, quel est l’intérêt d’avoir le plus grand cloud du monde ? Un petaoctet (un million de gigaoctets), c’est effectivement impressionnant, mais les clients d’IBM – si aujourd’hui le service est destiné aux 200 000 collaborateurs de la compagnie, l’arrière-pensée est évidente – veulent d’abord un service efficace et de qualité. Peu importe, finalement, la taille de l’infrastructure.
Mais à la réflexion, je tire un double enseignement de cette annonce.
C’est d’abord un nouveau signe fort de l’importance qu’est en train de prendre l’informatique externalisée. En à peine plus d’un an, le cloud computing est passé du rang de concept un peu fumeux à celui de tendance forte – et à mon avis inéluctable – de l’informatique.
C’est ensuite un retour aux sources. Les ordinateurs choisis pour cette infrastructure sont des System Z, autrement dit les bons vieux gros ordinateurs dont on a maintes fois annoncé la mort. Ils ont bien sûr évolué, mais les System Z sont bien les descendants des dinosaures de l’informatique. Avec leur puissance de calcul, leur capacité à gérer simultanément de très nombreux accès, leur aptitude à la virtualisation, ils ne manquent pas d’atouts. Après la phase de décentralisation à outrance provoquée par le succès de la micro-informatique, voici venir le temps de la recentralisation et le retour à une sorte de « time sharing », quand la puissance de calcul des premiers ordinateurs étaient louée, les entreprises n’ayant pas forcément les moyens d’acheter ces très coûteuses machines. Un retour aux sources rendu possible par Internet et les connexions à haut débit. Etonnant et logique tout à la fois.











