L’indiscrétion, publiée par le Wall Street Journal, n’est pas passée inaperçue. IBM aurait fait une proposition de rachat à Sun pour la somme de 6,5 milliards de dollars. Ma première réaction a été : c’est un innovateur qui disparaît.
Tous les spécialistes vont épiloguer sur les raisons d’IBM et sur ce que cette hypothétique acquisition lui apporterait. Je retiens d’abord la – possible – fin d’une société d’ingénieurs, qui avait popularisé la station de travail, développé l’un des meilleurs Unix du marché et inventé Java. Et, surtout, synthétisé dans son slogan « The network is the computer » une fulgurante vision de l’avenir, à l’époque où Internet n’était qu’un réseau pour universitaires. Il n’est pas souvent bon d’être un ingénieur visionnaire et d’avoir raison trop tôt.
Si la transaction va au bout, Sun aura au moins la satisfaction d’être avalé par Le grand pionnier, qui a su conserver avec une admirable constance une capacité d’innovation et d’adaptation. C’est toujours mieux que de tomber dans l’escarcelle d’un cow-boy texan, comme cela avait été le cas quand Compaq s’était offert Digital.
Patrice Desmedt












