Syntec numérique défend les réductions d’impôts : Les technologies de l’information sont en perpétuel mouvement. Patrice Desmedt, chef du service high-tech de L’Usine Nouvelle, vous fait partager ses découvertes numériques et décrypte celles qui vont changer l’économie.

Syntec numérique défend les réductions d’impôts

Le 28/11/2011 | Economie, Informatique, Services

L’amendement remettant en cause l’avantage fiscal accordé aux utilisateurs des prestations d’assistance informatique à domicile provoque l’ire de Syntec numérique. Les responsables de la chambre professionnelle des sociétés de conseil et de services informatiques et des éditeurs de logiciels ne se contentent pas d’un coup de gueule corporatiste. Ils apportent des arguments qui méritent réflexion.

Selon eux, le dispositif, mis en place en 2005, a permis de créer plus de 10 000 emplois stables dans le secteur des services numériques à la personne. L’adoption de l’amendement ferait économiser 200 millions d’euros à l’État. Combien coûterait la disparition d’une partie des emplois concernés, puisque les entreprises de services à la personnes paient de la TVA, des charges et des impôts ? Pour Syntec numérique, le solde serait fortement négatif. Un solde probablement impossible à chiffrer avec exactitude, mais l’argument n’est pas dénué de bon sens. On pourra juste remarquer qu’une réduction du plafond de l’aide serait à la fois une mesure de justice – pour profiter à plein des déductions, il faut tout de même payer 12 000 euros d’impôts pour un célibataire et 15 000 euros pour un couple ! – et éviteraient les abus.

La lutte contre la fracture numérique est l’autre argument. C’est vrai que le numérique reste le parent pauvre du discours politique. Guy Mamou-Mani, le président de Syntec numérique, a encore du mal à faire passer ce qui est pourtant une évidence : sociétés de services comme éditeurs constituent bien l’industrie de l’immatériel et sont indispensables au développement de l’ensemble des industries. Et les services numériques à la personne, c’est l’une des briques pour favoriser l’utilisation des nouvelles technologies par tous.

Comme pour me faire mentir, Éric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, réunissait ce lundi 28 novembre le « Comité stratégique de la filière numérique » qui rassemble opérateurs, équipementiers de réseaux, industriels de l’électronique, éditeurs de logiciels et fournisseurs de services informatiques. Et mercredi 30, il présentera le plan « France numérique 2020 ». Souhaitons qu’une fois de plus on ne restreigne pas le développement du numérique aux seules infrastructures (indispensables, certes, mais non suffisantes : une autoroute n’a d’intérêt que si des voitures roulent dessus…). D’autre part, j’ai toujours un réflexe de scepticisme pour les grands projets à dix ans. D’abord, pour le monde du numérique, une décennie, c’est comme un siècle. Ensuite, parce que se donner un bel et ambitieux projet à dix ans, cela peut être un prétexte pour ne pas trop se dépêcher. Souhaitons que je me trompe !

Patrice Desmedt

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