L’industrie française a-t-elle encore un avenir ? : Les technologies de l’information sont en perpétuel mouvement. Patrice Desmedt, chef du service high-tech de L’Usine Nouvelle, vous fait partager ses découvertes numériques et décrypte celles qui vont changer l’économie.

L’industrie française a-t-elle encore un avenir ?

Le 25/11/2011 | Economie

« Messieurs les banquiers, redonnez-nous nos ingénieurs ». C’est ainsi que Didier Lamouche (photo), directeur général de STMicroelectronics a conclu la conférence organisée par le Wine & Business Club et sa société sur le thème « L’industrie en Europe a-t-elle encore un avenir ? ». Une table ronde en guise de mise en bouche avant de passer à des dégustations plus terre à terre, avec des interventions – un peu – plus libres que dans des cadres plus officiels et cadrés. Pour rendre à César…, Didier Lamouche reprenait l’expression de Pierre Gattaz, président de la Fieec et P.-D.G. de Radiall.

Auparavant, le DG de STM avait établi sa liste pour réussir la recette qui permettra à l’industrie française et européenne de (re)partir d’un bon pied.

-         Dépasser les frontières.

-         Investir agressivement dans l’innovation, c’est-à-dire plus de 10 % du chiffre d’affaires.

-         Conserver un modèle de production intégrée, avec la R&D, la fabrication mais aussi la partie commerciale sur un même lieu.

-         Délocaliser à bon escient, « car la délocalisation dans les zones à bas coût ne tue pas les emplois en France, car elle permet d’assurer des marges qui serviront à investir chez nous ».

-         Bénéficier d’un « environnement favorable ».

 

Le dernier point, en particulier, ne surprend pas. Je veux bien que l’on me présente un chef d’entreprise qui trouve que les charges ne sont pas trop importantes et les contraintes administratives finalement légères. Pourtant, Guy Maugis, président de Bosch France et président de la chambre de commerce franco-allemande, a su prendre un exemple concret. « Les Allemands qui veulent s’installer en France sont toujours très étonnés de voir la longueur des fiches de paie françaises. Chez eux, elles ne comptent que quatre lignes ». Mais il a aussi rappelé que « chez les Allemands, la recherche de la qualité était obsessionnelle » et qu’ils avaient « une grosse volonté d’aller à l’international, même pour les petites PME ».

Quand Pierre Gattaz regrettait que, trop souvent, les créateurs d’entreprises français, en cas de réussite, vendissent après quelques années leur société pour empocher le gain. Les charges, les tracas administratifs, voir l’ISF (!) suggérés comme étant la cause de ces ventes ont peut-être bon dos.

Alain Schmitt,  de la DGCIS au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, pointait lui des raisons aux difficultés de l’industrie française : insuffisance des investissements en R&D, insuffisance de la coopération entre les secteurs public et privé, réticence au changement. Didier Lamouche ajoutant un euro beaucoup trop fort, bien plus fort que lors de sa création : « Il suffit de comparer les prix du McDonald’s à Paris et à New York pour s’en convaincre ».

Il y a un certain consensus sur le constat. Reste à trouver les éléments déclencheurs. Pour apporter ma contribution et rebondir sur la conclusion de la conférence, j’oserais suggérer que pour convaincre nos ingénieurs de quitter leur banque de Londres, mais aussi de Hong Kong ou de Singapour, encore faudra-t-il leur proposer un salaire au moins équivalent pour les attirer dans une petite ville de province…

Patrice Desmedt

bulle Reactions
  1. louloudan | 26 novembre 2011 à 10:27

    Bonjour,tout ceci est vrai,doublé du fait,que la plupart des francais,adorent acheter etranger,un allemand achetera allemand.
    cdt

com_reagissez