Euratechnologies, creuset des entreprises des TIC : Les technologies de l’information sont en perpétuel mouvement. Patrice Desmedt, chef du service high-tech de L’Usine Nouvelle, vous fait partager ses découvertes numériques et décrypte celles qui vont changer l’économie.

Euratechnologies, creuset des entreprises des TIC

Le 06/12/2011 | Economie, Informatique

Je reviens d’un voyage d’étude à Lille et Bruxelles avec l’IE Club, lieu de rencontre des PME innovantes avec les autres grands acteurs de l’écosystème de l’innovation. C’est l’occasion de mieux connaître l’industrie high-tech de la région Nord-Pas-de-Calais et le centre bruxellois de Microsoft, sur lequel je reviendrais dans un autre billet.

Euratechnologies sera notre première étape. Ce parc d’activité et de pépinière d’entreprises des technologies de l’information et de la communication est ouvert depuis 2009. Il s’est installé dans le bâtiment d’une ancienne usine textile lilloise, l’une des sept plus importantes filatures françaises. La rénovation est magnifique, les bureaux s’intègrent dans le bâtiment traditionnel de briques, désormais rehaussé de verre. Je connaissais les technopoles de Grenoble, de Sophia Antipolis et de Rennes Atalante. Lille Métropole a elle aussi voulu pousser les entreprises des secteurs technologiques, pour créer des emplois là où les industries traditionnelles du Nord n’avaient laissé que des friches.

La volonté politique est prédominante. La communauté urbaine et la région sont les gros contributeurs des subventions. La rénovation du bâtiment aura coûté 36 millions d’euros, investissement que les collectivités locales espèrent rentabiliser après quatorze ans, par le biais des loyers. Au moment où Éric Besson, le ministère délégué chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique lance le plan « France numérique 2020 », Euratechnologies joue la carte du développement et de l’emploi dans l’industrie de l’immatériel avec pragmatisme. Le but est de fournir un terreau favorable à la création et au développement d’entreprises.

« Il s’agit de mettre les entreprises dans les meilleures conditions possibles, explique Jérôme Fauquembergue, le responsable développement d’Euratechnologies, et de travailler sur la construction de chaînes de métiers. À la différence de technopoles qui s’étendent sur de grandes surfaces, nous avons voulu rassembler les entreprises sur un même lieu ». L’accès aux ressources partagées est facilité (salles de réunion, informatique, de téléprésence, cantine…), mais ce sont surtout les échanges humains qui sont privilégiés. À l’heure de l’internet et des réseaux sociaux, les entreprises du secteur de TIC elles-mêmes ont tout intérêt à miser sur les bons vieux échanges en tête à tête. Un club de football a même été créé, avec l’organisation d’un tournoi trimestriel. De manière plus formelle, l’équipe d’Euratechnologies organise toutes les deux semaines une réunion avec les entreprises, pour que ceux qui ont réussi puissent faire partager leur expérience, mais aussi pour tirer des enseignements des échecs. « Nous n’hésitons pas à appuyer là où çà fait mal, reconnaît Jérôme Fauquembergue. L’échec n’est pas grave. Ce qui est important, c’est d’analyser pourquoi et où on s’est trompé ».

Les grandes entreprises comme Microsoft, Cap Gemini et bientôt Tata côtoient des jeunes pousses et des créateurs hébergés gracieusement dans les espaces réservés à l’incubation. Ces derniers ont à leur disposition un meuble conçu par Euratechnologies, une sorte de très grand cartable qui s’ouvre et contient l’essentiel, à l’exception de l’ordinateur : téléphone, connexion à Internet, étagères (photo). Le soir, le tout se referme à clef. La sélection des incubés est volontairement rapide. Une première présentation du projet devant le responsable de l’incubateur, un second passage, pour ceux qui sont présélectionnés, devant un comité. « Il est important d’apporter une réponse rapide. Nous prenons bien sûr quelques risques que nous assumons », explique Samuel Tapin, responsable émergence. Environ un quart des postulants sont retenus, avec un taux de création d’environ deux tiers.

Prochaine étape, la transformation en janvier 2012 de l’association Euratechnologies en société anonyme. La nouvelle entité pourra réaliser plus facilement des opérations commerciales, avec comme objectif la baisse des subventions.

Patrice Desmedt

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