Le nouveau ministre de l’industrie, Christian Estrosi, a fêté son arrivée avec des déclarations particulièrement habiles sur la SNCF. La semaine passée, lors de sa visite à l’usine Renault de Flins, il s’en est pris vertement à la société nationale pour sa politique en matière de fret. Est-ce bien le rôle d’un ministre à peine installé de commencer par critiquer la principale entreprise de chemins de fer français, alors qu’il ne connait pas le dossier et qu’elle ne dépend pas de son Ministère ?
Quand on sait que le “motodidacte” rêvait davantage de sécurité que d’industrie, on peut s’interroger sur ses réelles compétences pour remettre l’industrie française sur les bons rails. Il est vrai qu’il s’est fait un spécialiste des déclarations à l’emporte pièce. Là, il vante les mérites des concurrents privés de la SNCF. Sait-il que si les nouveaux entrants ont pris des parts de marché à la SNCF, l’ensemble du trafic est en baisse ? Et si cette activité était tellement rentable, pourquoi Veolia chercherait à revendre sa branche dédiée au transport de marchandises ?
“Depuis deux ans (les dirigeants de la SNCF) n’arrêtent pas de nous faire croire qu’ils se sont saisis à bras le corps du problème du fret. Ca m’intéresserait de leur mettre sous le nez quelques réalités”. Cette déclaration en pleine réflexion sur la future organisation de Fret SNCF manque d’élégance et de psychologie. La filialisation de certaines branches (prévue pour l’automne) sera déjà suffisamment difficile à faire accepter par le personnel.
Ces déclarations aussi violentes que les actes de certains manifestants cagoulés ne feront pas avancer le débat, même si tout le monde est d’accord pour admettre que la situation du fret ferroviaire est catastrophique. La SNCF n’est pas seule responsable d’un déficit qui avoisinera les 600 millions d’euros de déficits en 2009. L’Etat et l’Europe, malgré leurs belles paroles, n’ont jamais pris le problème à bras le corps pour développer une politique européenne du fret ferroviaire qui puisse réellement concurrencer la route.
Ludovic Dupin













“on peut s’interroger sur ses réelles compétences pour remettre l’industrie française sur les bons rails”
D’après un blogueur voisin, nul besoin de compétences, la longueur du bras suffit…
“développer une politique du fret ferroviaire qui puisse réellement concurrencer la route.”
Que faire?