Si nous nous laissions aller à quelques élans chauvinistes d’enthousiasmes, nous pourrions croire que le marché des nouvelles lignes ferroviaires américaines est déjà acquis aux acteurs industriels français, qu’il s’agisse de Vinci, Alstom, Eiffage, Bouygues, SNCF et consorts ainsi que leurs cohortes de sous-traitants. En effet, Dominique Bussereau, ministre des transports, revient de Washington avec en poche un accord de coopération sur le transport ferroviaire aux Etats-Unis, signé par l’homologue américain Ray Lahood. Mais inutile de chanter cocorico, ce bout de papier ne signifie rien ou si peu.
Dans les faits, tous les autres pays qui ont quelque chose à proposer aux Etats-Unis en matière de trains ont ou vont signer un accord équivalent : le Japon et l’Allemagne bien sûr, mais aussi la Corée, la Chine, voire la Russie. L’éclat de ce type d’accord (par lequel, je le confesse, je m’étais fait prendre par le passé) n’est que le reflet du farouche lobbying que doit mener chaque Etat pour favoriser le développement d’infrastructures adaptées aux normes et aux capacités de leurs industriels nationaux. Données essentiels : par exemple, si des normes japonaises sont choisies pour une ligne, les trains allemands ne pourront pas rouler dessus, en tout cas pas sans de coûteuses adaptations.
Ludovic Dupin












